La commission d’enquêtes de l’ONU dit détenir la liste des présumés auteurs de violations des droits humains


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Les trois commissaires onusiens qui effectuent des enquêtes sur le Burundi ont animé une vidéo-conférence de presse depuis leur siège à Genève. Ils ont entre autres indiqué que cette commission a établi la liste des présumés auteurs de violations graves des droits de l’homme au Burundi. Le rapport sera partagé avec la CPI. (SOS Médias Burundi)

Les trois commissaires sont revenus sur le dernier rapport de cette commission et ont dressé un tableau noir sur plusieurs cas de violations des droits de l’Homme.

“Depuis mai 2018, de graves violations des droits humains – dont certaines constituent des crimes contre l’humanité – continuent, en particulier des violations de droits à la vie, à l’arrestation et des détentions arbitraires, des cas de tortures et autres mauvais traitements, des violences sexuelles et des violations des droits économiques et sociaux, le tout dans un climat général d’impunité » a tenu à souligner le président de cette Commission, M Doudou Diène.

Cette commission a affirmé qu’elle détient “une liste, qui n’est pas exhaustive” des présumés auteurs de ces violations.

“Nous avons déjà une liste mais nous la tenons encore secrète. Si jamais il y a une cour nationale ou internationale qui veut mener des procès sur ces cas, nous allons partager avec elle cette liste ”, a indiqué Mme Françoise Hampson, un de ces trois commissaires.

Sur la question de savoir si cette liste sera mise à la disposition de la Cour Pénale Internationale, CPI, la commissaire a été claire.

“Nous coopérons avec la CPI et la liste sera partagée avec cette cour qui mène aussi ses enquêtes sur le Burundi, mais ici le travail est différent. La CPI mène des enquêtes pénales et judiciaires et pourra établir des responsabilités alors que nous, nous documentons des cas de violations de droits de l’homme qui se commettent au Burundi. Mais la liste ou tout autre information nécessaire sera partagée”, a fait savoir Hampson.

Depuis le bureau du PNUD à Kigali, une dizaine de journalistes burundais suivaient la vidéo conférence depuis les bureaux du PNUD à Kigali. Ils ont évoqué la question des réfugiés burundais en Tanzanie.

“S’ils sont rapatriés par force,ça serait contraire aux règles internationales de protection des réfugiés et nous espérons que le HCR ne va pas permettre ou accepter cette situation”, a fait remarquer madame Lucy Asuagbor, la 3ème commissaire.

Créée en septembre 2016, la commission a déjà produit trois rapports. Les journalistes ont voulu savoir la finalité de ces rapports qui reviennent chaque fois sur les mêmes faits.

“Ces rapports constituent en fait une sorte d’alerte sur le Burundi devant la communauté internationale car la commission est le seul organe mandaté par l’ONU pour faire des enquêtes. Et puis nos rapports sont reçus, lus, analysés et servent de référence à plusieurs organes ou projets de l’ONU ou une quelconque prise de décision sur le Burundi », ont précisé les commissaires.

D’après ces commissaires, “les victimes méritent de voir les responsables des violation des droits de l’homme jugés et les rapports exhaustifs de la commission contribuent à obtenir justice”.

Le mandat de la commission onusienne d’enquêtes sur le Burundi a été renouvelé par le conseil des droits de l’homme de l’ONU deux fois. Pour le moment, ces commissaires ont réitéré que leur mandat soit prolongé de plus pour qu’ils continuent “le travail dur qu’ils ont entamé afin de mettre à nu ce qui se passe au Burundi et alerter le monde”.