Le mandat de la commission d’enquête sur le Burundi a été prolongé d’une année

Le mandat de la commission d’enquête sur le Burundi a été prolongé d’une année

La 42e  session du Conseil des droits de l’Homme qui s’est clôturée ce vendredi 27 septembre a voté pour la reconduction du mandat de la commission Onusienne d’enquête sur le Burundi. La session a estimé que les cas de violations des droits de l’homme attirent encore plus d’attention. (SOS Médias Burundi)

23 pays ont voté pour, 11 contre et 13 se sont abstenus à propos du renouvellement du mandat de la commission onusienne d’enquête sur le Burundi.

Après ce vote qui s’est déroulé à Genève, le haut-commissariat du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a estimé que “ les violations des droits de l’homme au Burundi demeurent préoccupantes et que les enquêtes doivent être plus approfondies”.

Les enquêteurs de l’ONU continueront leur travail jusqu’en septembre 2020 selon le nouveau mandant.

Les  défenseurs des droits de l’homme burundais en exil se disent satisfaits.

“Merci à tous ceux qui ont contribué à ce résultat. La grave situation des droits de l’Homme au Burundi mérite une surveillance permanente et plus soutenue, pendant le processus électoral de 2020,” a réagi Pacifique Nininahazwe, président du FOCODE.

Cependant, pour Willy Nyamitwe, conseiller principal du président Nkurunziza chargé des questions de presse et de la communication, cette reconduction du mandat de la commission est un non-événement.

“En plus qu’elle  (la commission) restera sans effet, ce résultat devrait interpeler la conscience de la Commission Européenne. Le Burundi reste vainqueur,” a-t-il indiqué sur twitter.

RÉVÉLATIONS ACCABLANTES DE LA COMMISSION

Cette commission dirigée par le sénégalais Doudou Diène avait présenté son dernier rapport avant la reconduction de son mandat.

Les enquêteurs ont indiqué avoir constaté que “des membres de l’opposition, leurs familles et des personnes qui n’ont pas coopéré avec le parti au pouvoir avant les élections de l’année prochaine ont été tués, enlevés ou torturés. Des femmes et des filles ont été victimes de violences sexuelles par des jeunes du parti au pouvoir qui commettent des viols collectifs.”

Le rapport de la commission de l’ONU a souligné que “les principaux auteurs des crimes contre l’humanité sont des agents du service national de renseignement, de la police – qui relèvent directement du bureau du président Pierre Nkurunziza, qui serait donc responsable de ces crimes”

Le mandat de cette commission avait suscité plusieurs polémiques.

En août dernier, une quarantaine d’ONG burundaises, régionales et internationales avaient appelé à la poursuite de l’enquête onusienne jusqu’en septembre 2020.

Human Rights Watch (HRW) avait indiqué que la prolongation du mandat de la commission fournirait une surveillance essentielle de la grave situation des droits humains dans le pays à l’approche des élections de mai 2020.

“Les personnes responsables des graves crimes qui continuent d’être commis au Burundi veulent mettre fin à la commission parce qu’elles savent que le monde les observe et qu’elles devront un jour rendre des comptes”, a souligné Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à HRW.

Au début de cette semaine, les organisations de la société civile œuvrant au Burundi, ont quant à elles, demandé au Conseil des droits de l’Homme de ne pas accepter la  prolongation du mandat de la commission d’enquête.

D’après elles, cette commission et les organisations internationales, partisanes du renouvellement du mandat, font une fausse lecture de la situation au Burundi. “Il est dans l’intérêt de ce noble conseil de ne pas entériner les mensonges contenus dans le rapport de cette commission qui, visiblement, entrent en contradiction avec le constat des organisations réputées indépendantes, ”ont-ils fait remarquer.

La commission enquête sur le Burundi a été mise en place en Septembre 2016.

Dernièrement, elle a  affirmé détenir une liste des présumés auteurs des crimes commis dans ce pays d’Afrique de l’est. 

“Cette liste sera présentée à la CPI pour d’éventuels mandats d’arrêt internationaux”, ont fait savoir les commissaires de cette commission.

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