Burundi : la société civile proche du pouvoir manifeste contre la commission de Diène

Burundi : la société civile proche du pouvoir manifeste contre la commission de Diène

Ce samedi, les organisations de la société civile proche du pouvoir ont appelé les Burundais à manifester contre le renouvellement du mandat de la commission des Nations-Unies d’enquête sur les crimes commis au Burundi. Les représentants de ces organisations estiment que les enquêteurs ont un seul but: semer la terreur. (SOS Médias Burundi)

Environs deux mille personnes en compagnie des conducteurs taxi-vélos, des taxi-motos et des tricycles communément appelés Tuk-tuk ont envahi le rond point des Nations-Unies à Ngagara. Après 9h30, la marche a commencé sur la chaussée Peuple Murundi.

Aimé Pascal Nduwimana, président de Ministère Africain de Compassion (MAC) s’est chargé de l’animation.

Quelques participants arboraient des écrits comme : « Nous ne voulons pas une usine de fabrication de rumeurs et de mensonges. Doudou Diène et sa commission devraient démissionner ». Ou encore :
« Honte à Doudou Diène qui vend ses frères africains à la solde des colonisateurs. Nous disons non à la commission qui cherche à pérenniser l’impunité ».

Durant tout le parcours, un pick-up avec quelques militaires et policiers burundais détachés pour le compte des Nations-unies au Burundi faisaient des navettes sur le boulevard.

Des chants en l’honneur du président Nkurunziza se sont fait entendre dans la marche qui n’a pas beaucoup duré.

Le message du jour a été lu par Hamza Venant Burikukiye, président du CAPES+.

Le contenu du message était quelque peu similaire à ce qui était marqué sur différents pancartes brandies par les manifestants.

« Les organisations de la société civile burundaise s’insurgent avec énergie contre la prolongation du mandat de la commission injuste de l’ONU qui fait des enquêtes pour calomnier le Burundi. Nous décrions les déclarations mensongères et irresponsables de Doudou Diène, président de la commission d’enquête de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme au Burundi, » a-t-il souligné.

Les organisateurs de l’événement en ont également profité pour tacler le Rwanda, l’accusant d’être un mauvais voisin.

Ils ont indiqué que l’heure est maintenant à la reconstruction. « L’ONU devrait plutôt intervenir auprès des pays qui tiennent encore en otage nos compatriotes qui souhaitent rentrer pour qu’ils les laissent rentrer ».

M. Burikukiye a félicité le président Nkurunziza et son gouvernement pour « l’expansion économique actuelle jamais atteinte, et cela sans l’appui extérieur », a-t-il clamé.

Les activités ont commencé tardivement et n’ont duré qu’une heure à Bujumbura.

Selon les organisateurs, ils ont eu lieu dans tout le pays.

À Gitega, le même refrain a été scandé contre la reconduction du mandat de la commission Diène.

La marche a vu la participation essentiellement des membres du parti au pouvoir ainsi que quelques élèves du secondaire qui disent avoir été forcés d’y participer.

Dyna Manirampa du Collectif des Organisations pour le Développement Intégré de la Population (CODIP) a dénigré l’initiative de reconduction de mandat de la commission par l’Union européenne. « Nous déplorons que le Rwanda se soit rallié aux colons en votant contre le Burundi. Cette commission collabore avec les organisateurs des manifestations et des putschistes de 2015 », a-t-elle martelé.

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