Comment une « blague » pourrait coûter 15 ans de prison aux quatre journalistes d’Iwacu

Comment une « blague » pourrait coûter 15 ans de prison aux quatre journalistes d’Iwacu

« Tugiye gufasha abaroberi/ Nous allons aider les rebelles ». Voici le message fatal qu’Agnès Ndirubusa a envoyé par Whatsapp à « un ami journaliste » en partant en reportage à Musigati. Un message brandi par le ministère public comme preuve irréfutable de la complicité des journalistes. Une malheureuse blague qui a mal tourné.

Retour en arrière. Le 22 octobre 2019, une équipe de reporters du journal Iwacu se rend à Musigati dans la province Bubanza. Une attaque de « rebelles » y a été signalée et les réseaux sociaux s’en font l’écho. Christine Kamikazi, Agnès Ndirubusa, Térence Mpozenzi, Egide Harerimana et leur chauffeur Adolphe Masabarakiza partent enquêter. Ils ne reviendront pas. Arrêtés, ils sont d’abord incarcérés au cachot du commissariat provincial, puis au cachot du commissariat communal, avant d’être transférés à la prison de Bubanza au cinquième jour de leur incarcération.  

69 jours après leur arrestation, les 4 journalistes du groupe de presse Iwacu emprisonnés et leur chauffeur (libéré entretemps) ont comparu au tribunal de grande instance de Bubanza ce 30 décembre. Un seul et même chef d’accusation pour les cinq : complicité d’atteinte à la sûreté intérieure d’État. Un réquisitoire terrible : une peine de 15 ans de prison ferme avec 5 ans sans droit de voter pour les cinq prévenus. En plus, le véhicule et tout le matériel saisi dont un appareil photo, quatre téléphones, etc. deviennent le patrimoine de l’État. 

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