La Commission Vérité et Réconciliation a déjà identifié 142.505 personnes tuées ou portées disparues dans les crimes commis dans le passé


La nouvelle équipe de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) a présenté son rapport annuel des activités réalisées depuis sa mise en place en décembre 2018.  Selon le président de cette commission Pierre Claver Ndayicariye, cet effectif n’est pas définitif. Certains élus ont dénoncé la persistance des crimes.( SOS Médias Burundi)

Le rapport «d’étape » a été présenté devant les deux chambres du parlement réunies ce mardi à Bujumbura.

Des députés de l’opposition se sont inquiétés de la mission de réconciliation que doit remplir la CVR alors que selon eux,  les crimes et autres violations massives des droits continuent même au-delà de la période que couvre la commission. «Depuis l’indépendance du pays, comment profitons-nous de cette indépendance ? Aujourd’hui les Burundais s’entretuent. Quelqu’un aurait entendu un citoyen enlevé par les blancs? Non. Pourquoi est-ce que nous continuons à vivre les crimes du passé ? Respectons les droits des uns et des autres », a lâché Agathon Rwasa, premier vice-président de l’Assemblée Nationale en même temps président de la principale formation politique d’opposition, CNL.

Il a cité des cas d’intolérance politique rapportés dans sa province natale de Ngozi (nord du Burundi). «En moins de deux semaines,  trois de nos militants ont été tués, et les présumés auteurs sont connus mais la justice croise les bras. Est-il vrai que la responsabilité est personnelle mais si le pouvoir n’agit pas, ça conduit aux crimes massifs », a-t-il ajouté.

Le député Noé Mbonigaba a soulevé la même question des violations des droits commises alors que la CVR couvre la période allant de 1885 à 2008. «Comment arriverons-nous à une réelle réconciliation alors que les droits de l’homme ne sont pas respectés ».

Les « ’colons’ derrière tous les crimes »

Dans plusieurs interventions, des députés et sénateurs ont pointé du doigt ceux qu’ils qualifient de «colons » dans les crises qu’a connues le Burundi. «Allez enquêter s’il y aurait une fosse commune datant des années 1700 ou 1880 avant leur arrivée. Vous n’en trouverez jamais. C’est eux qui ont introduit les ethnies, la division et les crimes », a défendu Révérien Ndikuriyo, président du Sénat.

Pierre Claver Ndayicariye a expliqué que les anciennes puissances coloniales à savoir la Belgique et l’Allemagne  ont accepté de collaborer avec la CVR dans le travail de recherche de la vérité.

Concernant le travail de réconciliation, M.Ndayicariye dit que le chemin à parcourir est encore long. «Nous sommes encore au début. Il y a encore des phases de travail à explorer », a-t-il dit.