La jeunesse burundaise en exil dénonce les prochaines élections comme un match gagné à l’avance


À  quelques mois de la tenue des élections générales au Burundi, le Mouvement International de la Jeunesse Burundaise, MIJB, se dit préoccupé par le climat qui caractérise la préparation de ce rendez-vous. Il a réagi après la nomination du candidat du parti au pouvoir à la  présidentielle de 2020. (SOS Médias Burundi)

 Dans son  communiqué, le MIJB   essentiellement  composé de jeunes burundais en exil, s’appuie sur la brutalité qui a caractérisé la répression des manifestations en 2015, l’intolérance politique et les contributions forcées  pour dénoncer le scrutin de mai 2020.

“L’organisation des élections de mai 2020  est comme un  produit fini de la constitution de 2018 qui se poursuit sur fond de la crise institutionnelle, politique et sécuritaire enclenchée depuis 2015. C’est une façon de continuer à  dresser un tableau sombre de violations massives des droits humains prenant toute forme de crimes abominables, attisés par des discours de haine distillés à longueur de  journée dans tous les coins du pays par les cadres du parti au pouvoir, le CNDD FDD”, a indiqué Inarukundo Carène Kelly,  porte-parole de ce mouvement.

Ces jeunes regrettent  que «le régime en place ait ignoré toutes les voies pacifiques et diplomatiques pour mettre fin à la crise socio-politique ».

Pour eux, « les  démonstrations pacifiques de 2015  qui réclamaient le respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi ont été réprimées avec brutalité et horreur par une milice infiltrée au sein des forces de l’ordre à telle enseigne que les forces de sécurité ont été divisées sur la question de laisser le gouvernement de Nkurunziza, conduire valablement ledit processus électoral »,  ajoutent-ils.

Ce mouvement revient également sur  «le verrouillage » de l’espace d’opinion libre par l’incarcération “injuste des journalistes, l’interdiction des médias indépendants en l’occurrence la BBC et la Voix de l’Amérique, la commission électorale monocolore, la terreur nourrie par une milice du parti CNDD FDD, des milliers de réfugiés exclus du fichier électoral etc”.

De tous ces facteurs, estiment ces jeunes burundais,  il se définit bien “une forme d’élections de façade, qui ne peuvent en aucun cas être libres, transparentes, non violentes pour gagner une crédibilité de la jeunesse qui a soif d’un climat politique apaisé”.

 Le MIJB préfère ne pas  cautionner la poursuite d’élections qu’il qualifie “d’une nouvelle mascarade électorale qui va fractionner davantage la société burundaise déjà traumatisée et brutalisée par des crises politiques cycliques, par l’insécurité, les emprisonnements abusifs, les disparitions forcées, l’injustice, la corruption généralisée, la pauvreté et le fossé qui ne cesse de se creuser entre les différentes classes sociales”.

Ce mouvement  appel la jeunesse burundaise à  rester sereine, unie, à se respecter dans la diversité d’opinion, à ne pas céder à la manipulation, à la terreur et aux discours de haine mais plutôt à faire preuve de détermination infaillible dans le processus de la lutte pour la liberté et la dignité.

Le mouvement,  qui compte des membres dans les pays d’Europe et de la sous-région dont la RDC,le Rwanda, l’Ouganda et la Tanzanie réagit  après la nomination dimanche dernier du candidat du CNDD-FDD à la présidentielle de mai prochain.

Évariste Ndayishimiye, un ex Général de l’armée a porté à sept le nombre de candidats déjà déclarés.