Des réfugiés burundais en Tanzanie dans la peur d’être expulsés par force avant mai 2020


C’est suite aux affichages dans les camps de Nduta et Mtendeli. Les notes disent que le retour est  volontaire avant mai 2020. Certains d’entre eux   disent qu’ils choisissent de rentrer mourir au pays natal. (SOS Médias Burundi)

Des messages relayés aux camps de Nduta  et Mtendeli invitent les réfugiés à  se faire inscrire massivement pour regagner leur pays d’origine. Toutefois, les concernés craignent l’usage de la force pour les contraindre à rentrer. «Nous remarquons des affichages presque partout, ici à Mtendeli. Nous sommes sommés de rentrer avant mai 2020. Comme il n’y a pas engouement pour  ce retour volontaire déguisé, nous avons peur que nous pourrons être contraints à le faire par force”, s’inquiètent des Burundais à Mtendeli.

À Nduta, le processus de rapatriement continue.

Ce jeudi, 200 ménages ont été embarqués dans des bus à destination du Burundi. Ils portent à plus de 420 familles rapatriés volontairement au cour de la semaine en cour. Mardi dernier, 221 ménages de Nduta et Mtendeli avaient fait le même choix de retourner au pays natal.

Ceux qui ne veulent pas rentrer demandent d’être protégés.

“Nous avons peur de  retourner au pays au moment où la période électorale approche. Nous en avons un mauvais souvenir. En janvier,  on nous avait dit que le processus de rapatriement va reprendre en Août, mais voilà que dans une semaine, plus de 1200 de nos compatriotes rentrent en deux tours. Eux aussi ils préfèrent aller mourrir au pays au lieu de subir des atrocités ici car ils craignent d’être embarqués par force comme en 2012 à Mtabila”,  laissent entendre des Burundais qui demandent au HCR de garantir leur droit de refuge.

Des sources au camp de Mtendeli ont  indiqué à SOS Médias qu’il y a même ceux qui ont arrêté leur petit commerce ou encore des élèves qui ne vont plus à l’école par crainte d’être chassé à tout moment. La dernière semaine, les autorités en charge de l’immigration ont annoncé que «la Tanzanie ne veut plus recevoir des réfugiés en provenance du Burundi » tout en insistant que «plus d’un millier de Burundais qui sont arrivés en décembre 2019 doivent retourner dans leur pays avant d’être traduits en justice s’ils ne quittent pas le territoire tanzanien avant le 28 février ».

La Tanzanie abrite encore plus de 166.900 réfugiés burundais, selon les données du HCR au  31 janvier 2020.