Le comité de sécurité fait la pluie et le bon temps à la prison centrale de Bujumbura
Certains détenus sont arrêtés par des membres du comité de sécurité, tabassés et mis dans des cellules d’isolement dans la prison centrale de Bujumbura communément appelée «Mpimba ». Accusés de non appartenir au parti au pouvoir, le CNDD-FDD, ces détenus continuent d’être victimes des abus planifiés par des partisans du parti au pouvoir. (SOS médias Burundi)
Selon nos sources, les membres du comité de sécurité organisent des fouilles et font des arrestations pendant la nuit à l’intérieur de la prison. «Ils s’improvisent dans nos dortoirs, font des fouilles et prennent tous les biens des détenus ciblés. Les détenus ciblés sont désignés sous le jargon «ivyanone », pour signifier, tous les détenus poursuivis pour des motifs politiques: Il s’agit de ceux qui ont été emprisonnés pour avoir participé aux manifestations de 2015, d’autres sont des militants des partis d’opposition surtout le MSD », disent-elles.
Selon des témoins, les membres du comité de sécurité sortent les détenus ciblés des chambres et les conduisent à l’endroit communément appelés «ku muzingi », le cercle en français. «Là, ils y sont mouillés et tabassés. Après la séance, ils sont mis dans des chambres correctionnelles «Tingitingi » où ils passent plusieurs mois sans voir le soleil », expliquent-ils.
Ceux qui suivent de près des dossiers des prisonniers expliquent que ce comité est mis en place par les autorités en charge de la prison centrale. «Elles ont érigé une structure de commandement à l’ instar de l’armée. Le comité est dirigé par un général et un commandant de compagnie, suivi d’un chef des opérations et d’un chef de peloton et d’un chef de section. Officiellement, ils ont la mission d’empêcher de probables évasions des détenus », expliquent-ils avant de dénoncer que les membres de ce comité qui, souvent sont des membres du parti CNDD-FDD, profitent de la nuit pour commettre des abus.
La prison centrale de Bujumbura communément appelée Mpimba est subdivisée en onze quartiers dont dix hébergements pour les hommes et un quartier pour les femmes et les nourrissons nés dans cette prison.
La semaine passée, cette prison comptait 4315 individus pour une capacité d’accueil ne dépassant pas 800 détenus.
