Bubanza: la coopérative des chauffeurs traverse une crise


Depuis un certain temps, la coopérative des chauffeurs de la province de Bubanza (ouest du Burundi) traverse une crise. Dix chauffeurs ont été arrêtés et détenus dans un cachot du commissariat provincial avant d’être relâchés. Ils continuent de comparaître étant libres. Ces derniers sont accusés de planifier une stratégie d’écarter des jeunes Imbonerakure de la coopérative. Les concernés rejettent les allégations et parlent plutôt d’ « une politisation d’un dossier de leadership et détournement des fonds de leur coopérative ». (SOS Médias Burundi)

Selon des témoignages des chauffeurs à Bubanza, tout a commencé avec le refus du responsable de la coopérative d’organiser des élections en vue renouveler le comité de gestion.

« Nous avons une coopérative à nous, mais le président traîne pour organiser des élections alors que son mandat a pris fin depuis une année et demie. Quand il a vu que nous voulons des élections, il a politisé le dossier et s’est coalisé avec le secrétaire provincial du parti CNDD-FDD qui le couvre dans la dilapidation des fonds de notre coopérative », ont raconté à SOS Médias Burundi, des chauffeurs énervés.

Selon une source proche du parquet, un dossier en instruction contre dix chauffeurs est en cours.
Il a été ouvert sur demande du secrétaire provincial du parti au pouvoir qui les accuse de « ségrégation en voulant chasser de la coopérative des jeunes Imbonerakure membres ».

Les concernés rejettent les allégations. « Il s’agit d’une affaire montée de toutes pièces. Notre président dilapide les biens de la coopérative et ne nous donne aucune explication quand nous lui demandons des éclaircissements. Nous lui avons demandé d’organiser des élections de nouveaux organes mais il a refusé.
Il se fait couvrir par le secrétaire provincial du CNDD-FDD avec qui il partage cet argent. Que la justice ne soit pas manipulée. C’est notre droit de mettre en place un comité qui doit gérer nos fonds », ont réagi des chauffeurs.

Dix chauffeurs avaient été arrêtés et détenus dans un cachot du commissariat provincial avant d’être libérés la semaine dernière. Ils ont été interpellés mardi et relâchés vendredi. Toutefois, ils continuent de comparaître, étant libres.

Ce mardi, ils ont été entendus pr Jean Marie Ntamikevyo, le substitut du procureur.

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Photo: chef-lieu de la province Bubanza