Mutaho: le représentant local du CNL vit en clandestinité


Dispensaire spécialisé dans le traitement des victimes de violences basées sur le genre

Depuis deux semaines, Denis Ndacayisaba, représentant communal du parti CNL à Mutaho dans la province de Gitega (centre du Burundi) a fui son ménage. Il a reçu des menaces de mort de la part de jeunes Imbonerakure du parti au pouvoir avant de décider de se cacher. Ses proches disent craindre pour sa sécurité et demandent aux autorités de prendre en main son cas. (SOS Médias Burundi)

Selon des sources locales, les mouvements de Denis Ndacayisaba étaient surveillés par des jeunes Imbonerakure pendant quelques mois.

« Depuis quelques mois, il y a un groupe de jeunes Imbonerakure qui suivaient tous ses mouvements. Des policiers sont venus même l’arrêter à son domicile, mais comme par chance, il avait déjà pressenti un danger et avait quitté son ménage. Depuis, il vit en clandestinité de peur d’être appréhendé malgré qu’il ne s’accuse de rien. Ces jours-ci, des gens sont arrêtés abusivement et tués délibérément », racontent-elles.

L’opposant qui est en même temps enseignant à l’école Islamique de Mutaho n’a jamais été convoqué par un juge ou un OPJ (officier de police judiciaire).
Ses proches pensent qu’il est victime de son appartenance et sa position au sein du CNL, principal parti d’opposition au Burundi.

Selon des habitants, des entraînements paramilitaires des Imbonerakure ont été intensifiés en commune de Mutaho ces derniers temps.
Dans leurs slogans, ils affirment qu’ils vont  » en finir avec des opposants ».

Ces derniers ainsi que plus de 5000 rescapés vivant dans le camp de déplacés de Mutaho depuis les massacres de 1993 qui ont visé des Tutsis dans la localité disent se sentir visés et menacés.

Ils demandent aux autorités administratives de les protéger.

Melchiade Nihorimbere, administrateur de Mutaho s’est refusé de tout commentaire.