Burundi: des expropriations aux allures politico- ethniques à Karusi

Burundi: des expropriations aux allures politico- ethniques à Karusi

Il s’agit des terres de plus de 240 hectares qui sont concernées. Des terres que le gouvernement avait octroyées à des particuliers en 1985 selon nos informations. Depuis fin septembre 2020 , des Imbonerakure se sont arrogés le droit de détruire des champs de bananier et manioc sur la colline de Kigoma au chef lieu de la province de Karusi( centre-est du Burundi). Des propriétaires dénoncent le silence des autorités et parlent d’une « expropriation à caractère ethnique ». (SOS Médias Burundi)

Les occupants sont des Tutsis appelés dans la région « Abagamba ». Ils sont originaires des provinces de Muramvya ( centre) et de Bururi ( sud).

Les terres ont été attribuées à des jeunes Imbonerakure du CNDD-FDD. Ces derniers sont regroupés dans des coopératives dénommées Sangwe.

Les familles expulsées de leurs terres dénoncent une « expropriation indigne et à caractère ethnique ».

« Nous constatons qu’il s’agit ni moins ni plus pour le gouvernement de déshabiller Saint Pierre pour habiller Saint Paul », se désolent-ils.

Mercredi dernier, Barnabé Girarike, un des occupants a été arrêté pour avoir refusé de laisser des Imbonerakure semer le maïs dans un champ qu’ils n’avaient pas labouré. L’homme a été accusé de « rébellion contre la mesure du ministre en charge de l’agriculture ».

Dans une correspondance du 21 septembre dernier, le ministre ayant les affaires intérieures dans ses attributions a demandé aux gouverneurs de provinces et maires de veiller sur les terres appartenant à l’État ayant été « prêtées » aux particuliers.
Lors d’une rencontre avec des jeunes ingénieurs, docteurs et détenteurs d’un diplôme de master dernièrement, le président Évariste Ndayishimiye a émis un souhait selon lequel « j’ai déjà instruit au ministre en charge de l’agriculture d’en faire une loi, toutes les terres domaniales doivent être récupérées par l’État afin d’être utilisées pour des travaux de développement communautaire ».

En main 2019, celui qui conserve encore le poste de secrétaire général du CNDD-FDD avait appelé le gouvernement burundais à saisir toutes les terres non exploitées.
« Pour moi, toutes les terres que le gouvernement avait cédées mais qui ne sont pas exploitées, toutes ces montagnes que l’on voit à Mugamba ( province de Bururi, sud) qui appartenaient au gouvernement mais que les gens se sont appropriés arguant que ça leur appartiennent, nous demandons au gouvernement de revoir ces choses. Chaque terre non exploitée doit être donnée aux citoyens afin de lutter contre la famine et la pauvreté. Même un individu disposant d’une terre qu’il n’exploite pas doit la céder à une coopérative », avait indiqué M. Ndayishimiye lors d’un déplacement à Rugombo dans la province de Cibitoke ( nord-ouest ) le 20 mai 2019.
Il avait accompagné ce jour-là le ministre en charge de l’agriculture Déo Guide Rurema qui allait actroyer un terrain de 1500 ha appartenant à l’entreprise agro- alimentaire RUGOFARM à des coopératives d’agricultureurs locales.

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