Burundi : le président Ndayishimiye appelle les Imbonerakure à être plus virulents


Le CNDD-FDD célèbre la semaine dédiée aux combattants depuis ce lundi jusqu’à samedi 21 novembre. Une occasion pour différentes autorités de revenir sur l’histoire de l’ancien mouvement rebelle Hutu et des étapes qui ont précédé le cessez-le-feu entre le gouvernement et l’actuel parti au pouvoir, en 2003. Le chef de l’État lui a profité du lancement de l’événement pour appeler la jeunesse du CNDD-FDD, qualifiée de milice par l’ONU à multiplier des rondes nocturnes. (SOS Médias Burundi)

Ce lundi dans l’après-midi, la cérémonie d’ouverture de la semaine dédiée aux combattants a eu lieu au quartier général du CNDD-FDD dans la capitale économique Bujumbura.

L’invité de marque était Évariste Ndayishimiye, chef de l’État en même temps secrétaire général du parti au pouvoir.

Devant un parterre de militants du CNDD-FDD et ses alliés, il est longuement revenu sur l’historique de l’ancien groupe rebelle Hutu et le rôle que lui-même a joué dans la concrétisation du cessez-le-feu signé en 2003 entre le gouvernement d’alors et son parti.

Il n’a pas manqué d’appeler les Imbonerakure à multiplier les rondes nocturnes.
« Voulez-vous que je vous décrive les ennemis ! Quand vous entendez quelqu’un demander pourquoi une personne veille, sachez bien que c’est un voleur. Vous entendrez des gens qui veulent empêcher aux Burundais de faire des rondes nocturnes, n’avez-vous pas entendu ceux qui disent que les Imbonerakure sont mauvais parce qu’ils font des rondes ? Sachez que celui qui le dit est un ennemi. Il voit une brèche mais trouve qu’elle est gardée. Il te qualifie d’ennemi pour te décourager afin qu’il puisse entrer. Je voudrais vous dire vous Imbonerakure ici présents, soyez plus virulents, protégez nous contre l’ennemi, protégez nous contre l’ennemi », a insisté le président burundais sous les applaudissements de son auditoire

Selon lui, toute personne qui s’oppose aux rondes des citoyens est un ennemi qui veut attaquer le pays.
Citant la constitution burundaise, M. Ndayishimiye a indiqué que chaque Burundais a l’obligation de protéger son pays et préserver son indépendance.

La société civile et les journalistes indexés

« Ce n’est qu’au Burundi où on entend dire qu’un représentant d’une association de la société civile n’a pas l’obligation de veiller sur le Burundi, il tue même des gens et refuse d’être sanctionné. On dit qu’un journaliste peut tuer quelqu’un sans être inquiété, c’est comme s’il est intouchable. Le journaliste est appelé à veiller sur le Burundi car c’est quelqu’un qui est très informé, il doit informer la police. C’est un devoir constitutionnel…sinon il doit être puni car la faute est de deux ordres: action par action ou action par omission », a-t-il insisté avant de continuer « Il s’agit de la non assistance à personne en danger. Si tu constates que l’ennemi planifie d’attaquer le Burundi et que tu refuses de faire un clin d’œil aux Burundais pour qu’ils se protègent, c’est un délit… Tu ne peux pas dire je suis journaliste, je suis prêtre… »

La semaine dédiée aux combattants se clôturera samedi 21 novembre en commune de Buhiga dans la province de Karusi ( centre-est du Burundi).

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Photo:Évariste Ndayishimiye lors du congrès national du CNDD-FDD à Bugendana, province de Gitega( centre du Burundi) le 26 janvier 2020