Nakivale (Ouganda) : une centaine de réfugiés burundais exigent d’être rapatriés dans l’immédiat

Nakivale (Ouganda) : une centaine de réfugiés burundais exigent d’être rapatriés dans l’immédiat

Un groupe de plus de cent réfugiés burundais du camp de Nakivale en Ouganda ont écrit une lettre qu’ils ont adressé au HCR, aux présidents burundais et ougandais pour exprimer leur désir de rentrer dans leur pays natal. D’autres réfugiés disent que ces gens qui disent vouloir rentrer ont été envoyés par le pouvoir de Gitega pour perturber la sécurité dans le camp de Nakivale. Le gouvernement burundais n’a pas encore réagi à ces allégations. (SOS Médias Burundi)

Les promoteurs de cette correspondance se disent fatigués par la vie d’exil. “Six ans! C’est trop. Nous voulons rentrer chez nous. Nous apprécions ce que fait le nouveau gouvernement burundais et son appel à tous les réfugiés pour rentrer au bercail. Nous voulons rentrer pour contribuer au développement de notre pays”, explique Désiré Nzisabira, un des douze promoteurs du mouvement.

Ils reprochent au HCR et à certaines ONG d’être des obstacles à ce rapatriement. “Nous demandons au HCR et à ses ONG ainsi qu’à l’Ouganda de ne plus mettre les bâtons dans les roues de ce train qui devrait normalement marcher depuis fin 2020 mais qui s’est arrêté momentanément sans que nous ayons des explications. Raison pour laquelle nous en appelons au président burundais Évariste Ndayishimiye, notre leader, d’envoyer des émissaires pour nous aider à lever les équivoques”, ajoutent-ils.

Toutefois, les réfugiés qui trouvent que le moment de rentrer au Burundi n’est pas encore venu soupçonnent les auteurs d’être des espions du gouvernement burundais. “C’est déjà une réalité, le rapatriement qui les intéresse n’est pas volontaire, ils ne veulent que diviser la communauté des réfugiés burundais vivant dans ce camp. Nous les connaissons, ils passent des jours et des nuits à sensibiliser les gens pour rentrer. Il n’y a rien de volontaire. Nous estimons que c’est une décision politiquement motivée et que les autorités burundaises sont derrière cette demande ”, s’indignent-ils.

Pour ceux qui sont hostiles à ce rapatriement, la police doit être vigilante ces jours-ci. “Que ceux qui veulent retourner au pays s’en aillent et nous laissent la paix. Nous interpellons le HCR et le gouvernement Ougandais pour suivre de près ce mouvement pour minimiser les dégâts car il peut y avoir une confrontation entre les deux groupes”, disent-ils.

À en croire les douze, le HCR leur a accordé une audience. “Des agents du HCR nous ont accueilli et ont accepté qu’ils vont accélérer le processus d’enregistrement au retour volontaire. Ils ont aussi expliqué que la pandémie du Covid-19 n’a pas favorisé la poursuite de ce processus depuis fin 2020”, ont-ils indiqué.

Pour le HCR, la demande doit être individuelle et consentie. Cette agence onusienne rappelle qu’elle a déjà entamé un plan de rapatriement des réfugiés en provenance de Nakivale.

En décembre dernier, plus de 220 burundais ont été rapatriés par voie aérienne depuis l’aéroport international d’Entebbe.

L’Ouganda compte plus de 49.000 réfugiés burundais dont plus de 90% installés au camp de Nakivale.

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