Nyarugusu (Tanzanie) : une campagne de vaccination des chiens qui frustre
Tous les chiens élevés au camp de réfugiés burundais de Nyarugusu en Tanzanie doivent être vaccinés. Les vétérinaires du district de Kakonko où est installé le camp expliquent vouloir protéger les réfugiés des maladies transmises par les chiens non vaccinés. Des réfugiés quant à eux parlent d’une diversion, la vaccination n’étant pas une priorité, selon eux. (SOS Médias Burundi)
L’ annonce de la mesure a beaucoup été commentée par plusieurs réfugiés. Certains se questionnent sur les fonds alloués à l’achat des médicaments pour vacciner les chiens. « Nous mourons de faim ici et l’autorité tanzanienne investit de l’argent dans la protection des chiens. C’est comme si nous étions moins importants qu’eux, » commentent des Burundais installés à Nyarugusu qui estiment que l’argent utilisé devrait plutôt servir à acheter des médicaments pour traiter des cas de paludisme qui sont de plus en plus nombreux dans le camp.
Des vétérinaires du district de Kakonko où est installé le camp de Nyarugusu soutiennent le programme et expliquent vouloir protéger les réfugiés des maladies transmises par les chiens non vaccinés. Ils menacent de sanctionner sévèrement les récalcitrants à la vaccination, allant jusqu’à l’emprisonnement.
Frustration chez les réfugiés
Ce qui frustre encore des Burundais, c’est que l’on doit payer 3000 Shillings tanzaniens (un peu plus d’un dollar américain) pour faire vacciner un chien. “C’est l’équivalent de deux kilos de farine de maïs qui peuvent nourrir une famille de quatre personnes durant deux jours, vous voyez combien c’est gênant,”réagissent-ils.
En février, au moins cinq personnes ont été mordues par des chiens enragés dans ce camp. À Nyarugusu, il y a beaucoup de chiens. Certains Burundais en vendent à la partie du camp des réfugiés congolais qui en élèvent un grand nombre.
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Photo : des chiens en attente d’être vaccinés dans un hangar à Nyarugusu, avril 2021
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