Rumonge : l’autorité détruit des kiosques, des jeunes diplômés grognent
L’administration provinciale a ordonné à tous ceux qui font le petit commerce au chef-lieu de la province de Rumonge (sud-ouest) de démolir tous les kiosques et boutiques en bois. Cette mesure n’est pas sans conséquence surtout pour les jeunes diplômés sans emploi qui avaient investi de petits capitaux dans ce commerce. (SOS Médias Burundi)
Depuis l’entrée de la ville de Rumonge , sur la route nationale numéro trois (RN3) et sur les avenues dans les quartiers, les habitants étaient en train de démolir leurs kiosques et boutiques ce jeudi 3 juin 2021 . Ils affirment avoir été contraints par les autorités de détruire toute boutique et tout kiosque en bois.
Selon l’administration provinciale, les propriétaires avaient la journée de mardi dernier pour s’exécuter. « Les autorités ont ordonné le remplacement des kiosques en bois par ceux en métaux. Mais aussi, pour les boutiques se trouvant sur les routes principales, il doit y avoir un espacement de 6m entre une boutique et une autre », disent des concernés.
La mesure n’a pas été bien accueillie par les petits commerçants et jeunes diplômés. « Nous sommes en train de déménager pour éviter des sanctions administratives. Nous enregistrons beaucoup de pertes. Nous avions investi nos maigres moyens dans le commerce et on pouvait avoir de quoi mettre sous la dent. Notre vie est gâchée », se désolent des commerçants que notre reporter a trouvé en train de démolir des kiosques en bois. Et de renchérir qu’ils sont dans l’obligation d’abandonner leur commerce, n’ayant pas de l’argent pour louer des kiosques ou maisons qui remplissent les normes.
Les jeunes diplômés en chômage
La plupart des employés qui travaillaient dans ces boutiques et kiosques étaient des jeunes diplômés arrivés dans la ville de Rumonge en quête d’emploi.

D’autres ayant trouvé un petit capital pour débuter des activités génératrices de revenus. Certains vendaient les unités de recharge et des articles de boutiques.
Ces jeunes diplômés regrettent qu’ils se retrouvent de nouveaux sans emploi alors que la majorité s’était battue pour avoir ces petits capitaux. Ils estiment que les activités qu’ils exerçaient présentaient un intérêt pour eux, leurs familles et l’Etat dans la mesure où ils payaient régulièrement les taxes communales.
Ils demandent à l’autorité provinciale de revoir la décision surtout que beaucoup de ces jeunes diplômés disent qu’ils n’ont pas de capitaux suffisants pour se payer des kiosques métalliques.
Ce lundi, un reporter de SOS Médias Burundi a visité des quartiers de Rumonge. Il a trouvé que plusieurs jeunes diplômés ont dû retourner sur leur colline d’origine.
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Photo : des boutiques en kiosques de bois détruites
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