Rumonge : l’exponentielle hausse du prix de l’huile de palme

Rumonge : l’exponentielle hausse du prix de l’huile de palme

Des habitants de Rumonge (sud-ouest du Burundi) appellent les autorités à intervenir pour réguler le prix de l’huile de palme. Son prix ne cesse de grimper alors qu’il est localement produit. Son litre a connu une hausse allant jusqu’à 1000 francs burundais, une somme jugée « très exorbitante ». (SOS Médias Burundi)

Selon des sources locales, un bidon de 5 litres coûte actuellement entre 17 et 20 mille francs burundais au moment où celui de 20 litres coûte entre 72 et 80 mille francs burundais. « C’est terrible la hausse qu’a connue l’huile ici. Son prix a plus que doublé dans un mois. Un bidon qui coûtait 30 mille francs burundais le mois dernier s’achète jusqu’à 80 mille. Et des fois, on peut même ne pas en trouver », indiquent des habitants.

Causes

La hausse du prix de la très consommée huile au Burundi est différemment expliquée. Certains parlent d’une diminution de la production, d’autres parlent d’une « concurrence déloyale » de la société SAVONOR qui rafle une grande production en offrant un grand prix aux producteurs.

La première thèse est soutenue par des habitants qui disent que cela a été exacerbé par les inondations qui ont touché les plantations, ce qui a occasionné une mauvaise production. « C’est le choix où les producteurs gagnent beaucoup d’argent sans être fatigués. La société donne 580 francs burundais par kilogramme de grain de palmier alors que le prix officiel ailleurs est de 500. Et pour un litre d’huile, la société offre 2800 au lieu de 1800 francs burundais sur le marché », disent des témoins.

Le ministre de l’intérieur qui s’est dernièrement exprimé à ce sujet a lui, parlé de « commerçants qui exportent illégament l’huile de palme », menaçant que quiconque sera attrapé sera sanctionné.

Il a demandé aux gouverneurs de provinces du sud-ouest de surveiller les commerçants qui, selon lui exportent ce produit.

Conséquences

De petits commerçants qui gagnaient leur pain quotidien en vendant l’huile de palme sur le parking de Rumonge ne décolèrent pas. « Des passagers qui étaient habitués à acheter l’huile ici n’en trouvent plus. Nous pouvions gagner un peu d’argent et nourrir nos familles, mais tout a basculé », regrettent d’anciens vendeurs.

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Photo : des jeunes salariés sur un site de production de l’huile de palme à Rumonge

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