Tanzanie : plus de 70 réfugiés empêchés de quitter la Tanzanie

Tanzanie : plus de 70 réfugiés empêchés de quitter la Tanzanie

Ils ont été interceptés par la police tanzanienne vendredi dernier alors qu’ils voulaient prendre le chemin vers le Kenya voisin. Leur interpellation s’est déroulée dans le district de Kakonko, près de Nyakanazi. Les concernés disent qu’ils avaient l’intention d’aller demander asile au camp de réfugiés de Kakuma, dans le nord-ouest du Kenya. (SOS Médias Burundi)

Ils étaient constitués essentiellement d’hommes et de jeunes femmes. Ils s’étaient donnés rendez-vous à Nyakanazi, dans un centre situé au nord-ouest de la Tanzanie dans le district de Kakonko pour prendre des bus menant vers la frontière kényane.

La police les a alors arrêtés vendredi dernier avant qu’ils ne prennent le départ et les a ramenés au camp de Nyarugusu où ils sont enregistrés comme réfugiés.

Ils ont passé la nuit de vendredi à samedi au poste de police du camp de Nyarugusu, subissant plusieurs interrogatoires. “Ils nous ont demandé où nous allions. Nous avons répondu que nous en avons marre avec le harcèlement ici et que nous voulions aller demander asile au Kenya”, raconte un d’entre eux.

Ce dimanche, ils sont retournés dans leurs villages. Mais ils ne comptent pas désarmer. “Certains de nos amis sont déjà arrivés au Kenya. Ils étaient devant nous. Et d’ailleurs il y a des parents qui sont déjà partis laissant leurs enfants ou leurs familles ici. Nous allons tenter nos chances pour rejoindre la Zambie ou le Kenya car le Rwanda n’est pas proche d’ici. Nous sommes à la recherche d’un endroit sûr”, expliquent-ils.

Kakuma accueille des centaines de Burundais chaque mois en provenance de la Tanzanie, selon une source sur place. “Dernièrement, le camp a accueilli plus de 100 réfugiés, essentiellement Burundais, ils sont dans les centres de réception et de demandeurs d’asile. En juin dernier, plus de 70 avaient été installés dans les villages. Dans les centres d’accueil de Gitare, dans la province de l’Est du Kenya, il y a aussi des Burundais qui attendent d’être transférés ici, en provenance de la Tanzanie”, apprend-on depuis Kakuma.

D’autres, Burundais et des Congolais en provenance de la Tanzanie sont campés à la frontière entre la Tanzanie et le Kenya. Ils sont logés dans des locaux de la Croix-Rouge, à Migori.

Pour arriver à la frontière kényane, ceux qui parviennent à avoir un peu d’argent prennent des bus de transport, d’autres sont obligés de faire un long trajet à pied en passant par le district de Tarime, au nord de la Tanzanie.

Causes du déplacement massif des réfugiés

Des réfugiés qui se sont confiés à SOS Médias Burundi indiquent fuir l’insécurité et les mauvaises conditions dans le premier pays d’accueil. “En Tanzanie, nous sommes persécutés, nos confrères sont victimes d’assassinats ciblés, des enlèvements sont souvent rapportés, des arrestations et d’autres formes d’abus. Face à tout cela, les autorités tanzaniennes ne nous protègent pas et nous forcent plutôt au rapatriement. C’est pourquoi nous acceptons de souffrir à la recherche d’un nouveau refuge au Kenya”, ont-ils détaillé en colère.

En mars 2019, une cinquantaine de Burundais ont été interceptés sur la même frontière. Ils ont été obligés de retourner au camp de Mtendeli d’où ils étaient venus. D’autres réfugiés burundais se dirigent soit vers le Rwanda, l’Ouganda, la Zambie, la RDC ou l’Afrique du Sud.

La Tanzanie abrite plus de 140 mille réfugiés burundais au moment où le Kenya en compte plus de 20 mille.

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Photo : une pancarte montrant le camp de réfugiés de Kakuma

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