Uprona : le parti de l’indépendance a de nouveaux dirigeants

Uprona : le parti de l’indépendance a de nouveaux dirigeants

Le parti Uprona (Union pour le progrès national) a organisé un congrès ordinaire ce samedi. Des membres du comité central triés par des policiers ont eu à choisir les nouveaux organes. Des ténors qui ont été écartés disent qu’il s’agit d’un congrès de la honte. (SOS Médias Burundi)

Le congrès a été organisé dans un climat sous haute sécurité. Les listes de membres du comité qui ne sont pas proches du président sortant Abel Gashatsi ont été jetées. « Les congressistes étaient triés à l’entrée par des policiers et des agents de la brigade chargée de la protection des institutions qui assurent la sécurité du vice-président de la République, membre de l’Uprona », disent des congressistes qui se sont confiés à SOS Médias Burundi.

Des partisans du clan de l’ancien premier vice-président Gaston Sindimwo et ses proches n’ont pas été autorisés d’entrer à la permanence nationale du parti où a eu lieu le congrès. C’est dans la capitale économique Bujumbura.

Le congrès a procédé au vote par acclamation de 3 nouveaux dirigeants proposés par le président sortant Abel Gashatsi, actuel deuxième vice-président de l’Assemblée nationale: Olivier Nkurunziza ancien secrétaire général du parti comme président, David Mukanya comme vice président et Jean de Dieu Niyonkuru comme secrétaire général.

Des participants affirment qu’ils n’avaient pas d’autres choix que de suivre les injonctions du président sortant. « On n’avait pas le choix,on nous a intimés l’ordre d’acclamer seulement les noms proposés par Abel Gashatsi et Prosper Bazombanza (vice-président de la République). Il n’y a pas eu de consensus, c’était un ordre et cela est un danger pour la démocratie. C’était un forcing destiné à faire taire toutes les revendications et cela ne fait que détruire les idéaux du parti de Rwagasore (héros de l’indépendance et fondateur de l’Uprona) », s’ indigne un congressiste de Mwaro sur un ton mélancolique.

Un agent de la brigade spéciale chargée de la protection des institutions à l’entrée de la permanence nationale de l’Uprona, le 14 août 2021

Des menaces ont été proférées à quiconque s’opposerait aux nouveaux organes du parti. « Nous sommes soutenus. Ceux qui vont s’opposer à notre programme auront un châtiment grotesque car nous sommes bien positionnés pour mâter toute révolution au sein de l’Uprona y comprise la fronde des anciens ténors de ce parti qui voulaient s’opposaient à la tenue de ce congrès », a martelé M. Gashatsi.

Ce congrès ordinaire a aussi radié Gaston Sindimwo (ancien premier vice-président de la République), Anicet Niyongabo (ancien deuxième vice-président du sénat) et l’actuel directeur général de l’Office national de la tourbe (Onatour) Isidore Mbayahaga. Ils avaient évoqué des irrégularités et exigé le report du congrès.

Les concernés rejettent en bloc les conclusions du congrès. Anicet Niyongabo a qualifié l’activité comme « un congrès de la honte qui ne fait que ternir l’image
du parti du héros de l’indépendance ».

Le mandat des organes sortants avait expiré en 2019. Sur Twitter, le CNDD-FDD a félicité les nouveaux dirigeants de l’Uprona leur souhaitant « plein succès ».

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Photo : des congressistes lors du congrès ordinaire de l’Uprona, le 14 août 2021

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