Nakivale (Ouganda) : une centaine de Burundais demandent d’être rapatriés

Nakivale (Ouganda) : une centaine de Burundais demandent d’être rapatriés

Ils sont sur une liste ayant été confectionnée par sept promoteurs du mouvement. Ils ont adressé une correspondance au chef de l’État burundais dans laquelle ils lui demandent son intervention pour qu’ils puissent être rapatriés. Toutefois, la liste crée des polémiques. Certains réfugiés reprochent au groupe d’être au service des autorités burundaises. Il y en a qui vont jusqu’à affirmer qu’ils ont trouvé leur nom sur le document sans qu’ils soient consultés. Le HCR indique être prêt à rapatrier des réfugiés qui manifestent eux-mêmes la volonté de retourner dans leur pays. (SOS Médias Burundi)

La liste a commencé à circuler sur les réseaux sociaux la semaine dernière. Depuis, une correspondance qui l’accompagne indique qu’ils veulent être rapatriés, en vain. « Nous sollicitons l’intervention des présidents burundais et ougandais et du haut commissaire du HCR sans oublier le secrétaire général de l’EAC pour que nous puissions être rapatriés. Le Burundi a recouvré la paix et la sécurité, il n’y a pas de raison de rester ici. Nous l’avons demandé depuis longtemps, en vain[…] », indique Désiré Nzisabira, l’un des sept initiateurs du mouvement qui affirme vouloir rentrer pour contribuer au développement de son pays.

Manipulation

D’après d’autres réfugiés, les initiateurs du mouvement ont été manipulés par les autorités burundaises. « Nous l’avons dénoncé depuis le début. Une poignée d’individus circule dans le camp, maison par maison sensibilisant les réfugiés au retour volontaire. Ils sont des émissaires du gouvernement en quelque sorte. C’est une honte qu’après plusieurs mois ils aient seulement confectionné une liste si insignifiante. D’ailleurs, la liste a été manipulée […] », ont réagi des réfugiés burundais.

SOS Médias Burundi a eu les avis de quelques réfugiés dont les noms y sont inscrits. Certains affirment avoir été surpris de se trouver sur la liste sans leur consentement. « Je n’ai jamais été consultée. Ils me disaient tout simplement que si je n’accepte pas de rentrer je risque d’être refoulée affirmant que l’Ouganda est sur le point de nous chasser. J’ai compris qu’ils me mentaient et j’ai refusé. Je ne sais pas la personne qui a enregistré mon nom et signé à ma place. Je ne sais même pas écrire, mais voilà une signature en mon nom. C’est irréaliste », s’est révoltée Languide*, mère de famille.

D’autres témoignages convergent sur une chose: « Quand nous avons fui, personne n’a invité l’autre. Alors pourquoi pour rentrer on écrit des lettres et pétitions. La cause principale qui nous a poussés à l’exil est toujours là. Nous ne sommes pas tranquilles dans les cœurs pour regagner le pays ».

Le HCR-Ouganda, lui se dit toujours disposé à rapatrier “tout réfugié qui le souhaite et le demande volontairement et individuellement et non sur des listes communes”. « Seulement, la pandémie de Covid-19 a ralenti notre façon de faire », avoue une source proche du HCR-Ouganda.

L’Ouganda compte plus de 51 mille réfugiés burundais dont plus de 90% installés au camp de Nakivale.

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Photo : une pancarte montrant le camp des réfugiés de Nakivale

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