Burundi : corruption dans les prisons des provinces du sud-ouest

Burundi : corruption dans les prisons des provinces du sud-ouest

Ils sont nombreux parmi les détenus et prisonniers à dénoncer le comportement « indigne » des procureurs et présidents des tribunaux de province dans cette partie du sud-ouest du Burundi. Dans les provinces de Bururi, Makamba et Rumonge, les prisonniers expliquent que pour obtenir un rendez-vous de comparution devant un juge ou la libération, ils sont obligés de monnayer les services. (SOS Médias Burundi)

À la prison centrale de Murembwe (chef-lieu de Rumonge, sud-ouest), des familles des prisonniers dénoncent une recrudescence des cas de corruption. « Pour comparaître au parquet, un prévenu doit verser une certaine somme d’argent au procureur. La prison est actuellement saturée, le montant exigé étant très élevé. Ce sont les proches du détenu qui négocient avec le procureur. La situation concerne aussi des prisonniers ayant purgé leur peine ou acquittés. Pour être libérés, il y en a qui versent des sommes comprises entre cinq cents mille et un million (francs burundais) », font savoir des proches de prisonniers à Rumonge.

À Makamba (sud), des détenus vivent dans des conditions extrêmement difficiles suite aux effectifs pléthoriques. Ils ne sont pas présentés devant des juges dans les délais fixés par la constitution et le code de procédure pénale.

En province vosine de Bururi, des prisonniers et leurs familles déplorent la même situation. Et selon des sources policières et celles proches du ministère de la justice, les commissariats de police ne sont pas aussi épargnés par les cas de corruption dans cette partie du Burundi.

« Les personnes détenues dans les commissariats communaux sont obligés de payer des frais de déplacement pour être transférés dans les cachots des parquets. La somme varie selon la distance à parcourir de la commune au chef-lieu de province », se désolent des professionnels qui expliquent que ce sont des procureurs et présidents de tribunaux provinciaux qui sont responsables de l’état des lieux.

« Pire encore, un détenu doit également s’acquitter des frais de déplacement pour les policiers qui l’accompagnent, ces derniers faisant un chemin aller-retour », se désolent des proches des prévenus qui demandent à la hiérarchie d’intervenir.

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Photo : la province de Makamba

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