Lusenda : des réfugiés burundais fuient l’insécurité dans le camp

Lusenda : des réfugiés burundais fuient l’insécurité dans le camp

Un millier de réfugiés burundais ont fui le camp de Lusenda installé sur le territoire de Fizi dans la province du Sud-Kivu à l’est de la RDC vers un centre local de la commission nationale en charge des réfugiés. Ils craignent pour leur vie après des attaques répétitives d’hommes armés dans le camp. (SOS Médias Burundi)

Depuis le 15 novembre dernier, au moins un homme a été tué, des femmes violées et des dizaines de vaches et petit bétail pillés par des hommes armés qui se sont introduits dans le camp de Lusenda. « Après avoir vu des personnes tuées, des cas de viols de femmes, j’ai décidé de quitter mon village de Katungulu pour venir ici car je pense qu’au moins je serai en sécurité », témoigne Esther Niyonkuru, une réfugiée burundaise de Lusenda.

Elle fait partie d’un millier d’autres Burundais qui ont pris la même décision. « Nous ne pouvons pas rester dans un camp non protégé. Nos femmes sont souvent violées quand elles se rendent aux champs ou quand elles vont chercher du bois de chauffage. Nous demandons aux autorités d’agir », lâche un homme en colère.

Choix mitigés

Certains réfugiés demandent au HCR d’accélérer leur rapatriement pour, disent-ils, « au moins rentrer mourir chez nous ».

Mais pour d’autres, ils aimeraient un troisième pays d’accueil. « Pour ceux qui se sont déjà faits inscrire sur les listes du HCR pour retourner au pays c’est normal, ils peuvent être rapatriés. Toutefois il y en a d’autres comme moi qui ne peuvent pas y retourner car les menaces sont toujours réelles. Que l’on nous cherche un troisième pays d’accueil », sollicite un père de famille.

Des réfugiés burundais ayant fui Lusenda pour aller trouver un abri à un centre local du bureau de la commission nationale en charge des réfugiés
Des réfugiés burundais ayant fui Lusenda pour aller trouver un abri à un centre local du bureau de la commission nationale en charge des réfugiés

La représentation des réfugiés à Lusenda demande aux autorités congolaises de trouver une solution à cette situation.
Les responsables des forces de l’ordre et de sécurité dans la région ont agi. En début de semaine, ils ont renforcé la présence militaire dans les collines se trouvant de part et d’autre du camp de Lusenda au moment où la police et des civils en charge de la sécurité du camp ont redoublé de vigilance sur les entrées et les sorties.

Lusenda, un camp qui héberge plus de 30 mille réfugiés burundais est installé dans le territoire de Fizi. Dans cette partie de la province du Sud-Kivu à l’est de la RDC, au moins 50 groupes armés locaux et étrangers y pullulent. À Lusenda, ce sont les Maï-Maï qui sont mis en cause dans cette région où le kidnapping des habitants et des employés d’ONGs, le pillage de vaches et l’extraction illégale de minerais font vivre les groupes rebelles. Des attaques visant surtout des membres de la communauté Banyamulenge sont toujours rapportées, des experts des Nations-Unies mettant en cause des responsables des FARDC ( Forces Armées de la République Démocratique du Congo) dans la collaboration avec des mouvements armés.

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Photo : vue aérienne d’une partie du camp de Lusenda, crédit photo HCR

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