Gatumba : des Banyamulenge accusent les services d’immigration d’exclusion

Gatumba : des Banyamulenge accusent les services d’immigration d’exclusion

Des agents burundais postés au poste frontière de Gatumba en commune de Mutimbuzi, province de Bujumbura (ouest du Burundi) sont accusés par des Banyamulenge de leur refuser l’entrée sur le sol burundais, sans raison. Ils demandent aux autorités burundaise et congolaise de se pencher sur la situation. (SOS Médias Burundi)

La pratique a commencé à se manifester depuis le 24 octobre dernier, selon les concernés. « Je me rendais à Bujumbura dans le cadre d’une visite médicale. J’avais tous les papiers qui l’attestent sur moi. Mais des agents d’immigration m’ont refusé l’entrée au Burundi. Ce, sans aucune explication », se désole Amon Mukiza, la soixantaine.

Il n’est pas le seul à avoir rencontré cette difficulté. Paul Mahoro cherche à aller se faire soigner dans un hôpital de la capitale économique Bujumbura depuis plus de deux semaines aussi. Il n’a pas eu l’autorisation de franchir l’une des plus proches frontières terrestres du monde. « Des policiers m’ont clairement dit que les Banyamulenge ne sont pas autorisés à entrer au Burundi », déplore le quadragénaire.

Ce ne sont pas seulement des patients qui disent être exclus. Des commerçants transfrontaliers de la communauté Banyamulenge sont également concernés. Des réfugiés issus des moyens plateaux dans la province du Sud-Kivu à l’est de la RDC se sont aussi vus refuser le droit d’entrer au Burundi. Pour la majorité, ce sont des membres de la communauté Banyamulenge qui fuyaient des attaques armées de groupes armés locaux et étrangers.

Un porte parole du ministère en charge de la sécurité n’était pas disponible pour réagir à ces allégations.

Il n’est pas encore établi si la mesure est liée à de récentes propositions du président de l’Assemblée Nationale Daniel Gélase Ndabirabe, soutenue par le ministre en charge de la sécurité et plusieurs autres députés lors du vote d’une nouvelle loi sur les migrations. Il a été décidé de déloger les réfugiés urbains et de limiter les déplacements des réfugiés se trouvant dans les camps sur le territoire burundais, des réfugiés étant soupçonnés de collaborer avec des fauteurs de trouble dans la petite nation de l’Afrique de l’est dont la plupart de réfugiés se trouvant sur son sol sont des Banyamulenge.

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Photo : un policier burundais à la frontière de Gatumba

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