Photo de la semaine-Tanzanie : destruction méchante des champs de bananeraies dans deux camps de réfugiés
Tous les champs de bananes ont été détruits depuis mercredi dernier dans les camps de réfugiés burundais de Nyarugusu et Nduta. Ce sont des jeunes gardiens de la paix communément appelés “Sungusungu”qui détruisent ces cultures sous la supervision de la police locale. Aucune explication des responsables des deux camps n’a jusqu’ici été donnée. (SOS Médias Burundi)
Le coup d’envoi a été dans un premier temps donné au camp de Nyarugusu mercredi dernier. Les zones les plus touchées par cette destruction sont 7,8,9 et 10. “Ces jeunes gardiens civils viennent avec des machettes, ils coupent les bananeraies ainsi que des plantes de colocases. Ils envahissent les champs comme des guerriers, scandant des slogans en Swahili signifiant que les réfugiés n’ont plus de place en Tanzanie”, racontent des Burundais dont les champs ont été détruits.
Et d’ajouter « des policiers quant à eux s’occupent de nos boutiques et nos marchandises. Ils empêchent tout mouvement des réfugiés”.
Jeudi dernier, les jeunes gardiens de la paix ont continué cette destruction méchante. Ils ont démoli les champs du camp de Nduta, situé dans la même région de Kigoma (nord-ouest de la Tanzanie).
Selon des témoins, le président du camp et la police locale ont d’abord tenu une réunion d’information à l’endroit des chefs de zone.
Un seul ultimatum a été donné. “Ne demandez rien sur l’acte que vous allez voir aujourd’hui et dans les jours à venir. L’ordre est venu d’en haut. Pas d’autres explications”, indique un chef de zone qui a participé dans cette réunion et qui a essayé d’exiger des explications avant d’être menacé qu’il veut “bloquer la mise en exécution des décisions des autorités locales”.
D’après nos sources, les jeunes tanzaniens n’ont pas attendu la fin de la rencontre pour passer à l’action. Ils ont commencé par la première et la deuxième zone.
Des réfugiés burundais disent être traumatisés. « C’est le cas de cette mère enceinte qui a failli avorter à cause des malaises qu’elle a eu quand elle essayait d’empêcher la destruction de son champ dans la zone 1”, s’insurge un réfugié burundais.
“A voir comment ils sont déterminés, ils peuvent même tuer des gens si jamais on essaie de faire opposition à leur plan”, a lancé un autre Burundais.
En juin 2021, le gouverneur de la région de Kigoma avait tranquillisé les réfugiés et leur avait encouragé à reprendre les activités agricoles. Des marchés avaient été aussi ré-ouverts dans ces deux camps de Burundais.
“Nous sommes vraiment désolés et nous constatons qu’il y a eu de nouveaux développements dans la démarche de nous expulser. Ils veulent nous faire peur et nous montrer que nous ne sommes plus les bienvenus ici”, disent des leaders communautaires à Nduta comme à Nyarugusu.
Des ONGs de défense de droits humains en Tanzanie avaient en 2021 dénoncé des cas de violations de droits des réfugiés, faisant référence à la fermeture des marchés et aux disparitions forcées.
Pour le moment, les réfugiés burundais demandent à des ONGs, à la Communauté Est-Africaine, à l’Union Africaine et au HCR de s’opposer à ce qu’ils qualifient de « crime contre l’humanité et violations des conventions Onusiennes relatives à la protection des réfugiés ».
La Tanzanie héberge encore plus de 126 mille réfugiés burundais.
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Photo : un enfant regarde un jeune gardien de la paix en train de couper un bananier
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