Beni (RDC) : la police a tué un militant de la Lucha

Beni (RDC) : la police a tué un militant de la Lucha

Il s’agit de Mumbere Ushindi ,militant de la Lucha (Lutte pour le changement). Il a été tué à bout portant par un élément de la police nationale congolaise. C’était lors d’une marche manifestation de ce lundi 24 janvier 2022 pour exiger la fin de l’État de siège décréter par le chef de l’État congolais en mai l’an dernier. (SOS Médias Burundi)

Selon une source proche du mouvement citoyen, la victime a été touchée par une balle réelle tirée par un élément de la police qui était déployé pour étouffer une marche pacifique organisée par les mouvements citoyens et groupes de pression de la ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu à l’est de la RDC.

« Nous sommes désolés de vous informer que la police vient encore de tuer l’un de nous. Il a été expressément assassiné par un élément des forces de l’ordre dans une marche pacifique que nous avions organisé. Nous réclamons seulement la paix chez nous. Nous demandons la fin de l’État de siège, car depuis sa restauration, les tueries ont augmenté doublement, les tracasseries violentes de tout genre de la part des éléments militaires et policiers ont sensiblement augmenté », déplore avec un ton ferme un militant de la lucha sous couvert d’anonymat.

Dans un message audio publié sur les réseaux sociaux, le maire militaire de la ville de Beni aurait promis la mort à quiconque oserait quitter sa maison sous prétexte qu’il va marcher contre la fin de l’État de siège.

Le Bureau conjoint des Nations-Unies aux droits de l’homme (BCNUDH ) invite la justice à ouvrir promptement une enquête sur le meurtre du militant de la Lucha, Mumbere Ushindi à Beni au Nord-Kivu.

Une barricade dans la ville de Beni

La division des droits de l’homme de la Mission de l’organisation des Nations-Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco) souhaite quant à elle que les autorités judiciaires puissent punir les éléments de la police à l’origine du tir mortel, ainsi que ceux qui ont donné l’ordre de réprimer violemment la manifestation organisée, le lundi 24 janvier contre la persistance de l’insécurité dans la région.

« Le BCNUDH condamne fermement l’usage injustifié et disproportionné de la force létale par des agents de la police congolaise lors d’une manifestation pacifique. L’usage de la force létale par les agents de maintien de l’ordre lors des manifestations publiques doit obéir à des critères de nécessité et de proportionnalité », a-t-il indiqué.

Et d’ajouter que « tirer sur des manifestants pacifiques et non armés est contraire à la loi congolaise et au droit international ».

Ce mardi matin, la Lucha a annoncé l’arrestation à Butembo la ville voisine à celle de Beni, de ses activistes qui s’apprêtaient à se rendre à Beni pour prendre part au deuil de Mumbere Ushindi.

« Nos camarades viennent d’être arrêtés. Nous dénonçons cette énième provocation des autorités de l’état de siege et exigeons la libération immédiate des nôtres », a annoncé le mouvement.

La journée de ce mardi 25 janvier 2022, les activités ont tourné au ralenti. Certaines boutiques et magasins ont ouvert à moitié leur porte craignant pour d’autres manifestations.

______________

Photo : Mumbere Ushindi, le militant de la Lucha tué à Beni, DR

Previous Uvira (RDC) : les militaires burundais ont repris d'autres positions de Red Tabara
Next Bujumbura city market : les commerçants s'élèvent contre la hausse des frais de location