Cibitoke : au moins 20 militaires burundais noyés dans la Rusizi en moins d’une semaine

Cibitoke : au moins 20 militaires burundais noyés dans la Rusizi en moins d’une semaine

L’information est livrée par des habitants des collines frontalières avec la RDC. Ils affirment avoir compté 20 cadavres en tenue de l’armée burundaise flottant dans la rivière Rusizi depuis le 30 janvier dernier. Des sources militaires disent que leurs collègues ont été noyés alors qu’ils rejoignaient les éléments de la FDNB (Force de défense nationale du Burundi) en RDC. Les responsables militaires à Cibitoke nient les allégations et parlent plutôt des opposants qui veulent créer la panique au sein de la population. (SOS Médias Burundi)

Selon des témoins, toutes les victimes ont été noyées pendant la nuit. Elles sont constituées de militaires burundais qui essayent de traverser la rivière Rusizi pour se rendre en RDC.

« La nuit de ce mardi à mercredi, six militaires ont été noyés dans la Rusizi. Nous avons aperçu leurs cadavres avec leurs misettes flottant ce mercredi matin. Un grand groupe de militaires traversaient le poste illégal situé à la transversale 6 Kigazura. C’est sur la colline de Kagazi en commune Rugombo », racontent des habitants.

Et la nuit de dimanche dernier, neuf autres militaires sont morts dans les mêmes circonstances. Les faits se sont déroulés à la transversale 6 de la colline de Kaburantwa en commune de Buganda, selon des témoins.

Dans la même commune de Buganda, mais à la transversale 4 de la colline de Nyamitanga, des habitants affirment avoir aperçu cinq cadavres en tenue de l’armée burundaise les journées de lundi, mardi et ce mercredi.

Des sources militaires ont raconté à SOS Médias Burundi sous couvert d’anonymat (parce qu’il leur est interdit de parler aux médias) que leurs collègues ont été noyés alors qu’ils se rendaient en RDC rejoindre leurs compagnons sur le champ de bataille.

« On reçoit les ordres de la hiérarchie et on exécute. Seulement, il y a des militaires qui ne savent pas nager et la situation devient plus compliquée parce qu’ils doivent traverser la rivière pendant la nuit. Leurs collègues ne réussissent pas à les aider tous. C’est regrettable », racontent en colère des militaires à Cibitoke.

Et de préciser, « Les militaires partent ravitailler et renforcer nos collègues dans des combats contre les Red Tabara dans les hauts plateaux du Sud-Kivu en RDC. Nos chefs menacent de sérieusement sanctionner ceux qui refuseraient d’y aller ».

Le gouverneur de Cibitoke préfère garder silence à ce sujet.

Un haut responsable de l’armée burundaise dans la région nie les allégations. Il parle des opposants qui veulent créer la panique au sein de la population.

Même si le ministre burundais en charge de la défense a récemment nié la présence de la FDNB sur le sol congolais, la société civile locale et des sources locales ainsi que des élus dans le Sud-Kivu continuent d’affirmer le contraire. Un député a saisi le secrétaire général de l’ONU ce mercredi. Claude Misare parle de « graves violations de droits humains commises par les militaires burundais« .

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Photo : la rivière Rusizi séparant le Burundi et la RDC

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