RDC : une coalition de défense de droits de réfugiés a saisi président Tshisekedi

RDC : une coalition de défense de droits de réfugiés a saisi président Tshisekedi

La coalition CBDH/VICAR, qui regroupe des défenseurs de droits humains vivant dans les camps de réfugiés burundais a adressé une lettre au président Félix Tshisekedi. Elle lui demande d’instruire ses services pour qu’ils se penchent sur la question d’insécurité à laquelle font face les réfugiés burundais sur le sol congolais. Elle souhaite leur délocalisation notamment. (SOS Médias Burundi)

Selon la coalition, les réfugiés burundais vivant dans les camps en RDC sont menacés. Ils sont installés dans deux camps basés dans la province du Sud-Kivu: Lusenda et Mulongwe.

« Ce qui nous a poussé à adresser cette correspondance au chef de l’Etat congolais c’est la persistence de l’insécurité dans les camps de réfugiés de Lusenda et Mulongwe malgré les efforts des concernés et des organisations de la société civile . Le président est le chef suprême, nous croyons qu’il va résoudre ce problème pour que les réfugiés puissent vivre en sécurité », a indiqué à SOS Médias Burundi, Léopold Sharangabo, vice-président de la coalition.

Les abus que subissent les réfugiés sont notamment des attaques perpetuelles des groupes rebelles qui opèrent dans la région, des arrestations arbitraires visant des réfugiés burundais accusés à tort de collaborer avec le mouvement armé Red Tabara , le manque d’assistance alimentaire , énumère la CBDH/VICAR.

Depuis leur installation dans le Sud-Kivu au cours des sept dernières années environ, plusieurs Burundais ont été assassinés.

« Prenons l’ année 2021 seulement, nous avons pu identifier 3 réfugiés qui ont été tués », précise M. Sharangabo qui ajoute que beaucoup de vaches et chèvres appartenant à des réfugiés ont également été pillées par des groupes rebelles ou éléments de l’armée régulière congolaise ou encore des habitants des zones environnantes des camps.

Le vice-président de la coalition espère une issue favorable.

« Oui, il faut toujours garder espoir, parce que le président lui -même est au courant de l’insécurité qui règne dans la région où se trouvent ces réfugiés, et en plus de cela la RDC a signé des conventions en rapport avec la protection des réfugiés. Les pays signataires des conventions sont chargés de la sécurité des réfugiés, c’est la raison pour laquelle le chef de l’Etat prendra des mesures nécessaires pour que ces réfugiés vivent en sécurité », estime celui qui a signé la correspondance envoyée à M. Tshisekedi.

L’insecurité est devenue le lot quotidien de réfugiés burundais au Congo.Certains Burundais aux traits des membres de la communauté Banyamulenge, très menacée par les autres communautés l’assimilant aux Rwandais, éprouvent d’énormes difficultés même à se déplacer pour aller se faire soigner en dehors du camp, certains ayant été sortis des bus de transport en commun et subis de torture.

Des miliciens Maï Maï présents dans le Sud-Kivu ont violé des réfugiées burundaises et vandalisé des champs de cultures appartenant à des réfugiés.
Plusieurs ménages de réfugiés ont fui l’insécurité avant de décider de retourner au Burundi.

La situation a été exacerbée par le départ des casques bleus de la Monusco (Mission de l’organisation des Nations-Unies en République Démocratique du Congo), pour les occupants de Lusenda, au début de l’année dernière.

Le camp de Lusenda héberge plus de 30 mille réfugiés burundais au moment où celui de Mulongwe est devenu refuge pour plus de 9 mille Burundais. Ils ont fui pour la plupart la crise déclenchée par un autre mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza en 2015 et la répression qui s’en est suivie. Les deux camps sont installés sur le territoire de Fizi.

Le Sud-Kivu compte aussi deux centres de transit pour les demandeurs d’asile burundais à savoir Sange et Kavimvira. Ils sont basés sur le territoire d’Uvira, non loin de la frontière avec le Burundi.

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Photo d’illustration : des réfugiés en RDC

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