Cibitoke-Bubanza : les deux provinces affectées par la pénurie du carburant

Cibitoke-Bubanza : les deux provinces affectées par la pénurie du carburant

Aucune goutte d’essence ou encore du gazoil n’est trouvable dans toutes les stations -service
des provinces de Cibitoke et Bubanza (nord-ouest du Burundi) depuis ce mercredi 6 avril 2022. Les chauffeurs sont obligés de se ravitailler sur le marché noir à des prix exorbitants. Cette carence a occasionné la montée en flèche du prix du ticket de transport et des produits de première nécessité, selon des habitants.L’autorité met en garde les spéculateurs à Cibitoke au moment où à Bubanza l’on craint « une paralysie totale du transport en commun ».
(SOS Médias Burundi)

Sur 11 stations -service que compte la province de Cibitoke, aucune goutte d’essence ou de gazoil n’a été servie depuis ce mercredi.
Les conséquences liées à la pénurie du carburant commencent à se faire sentir partout dans la province.

Le prix du ticket de transport connaît une hausse généralisée et même celui de denrées alimentaires est passé du simple au double, selon des habitants de plusieurs localités.

« Le prix du ticket de transport Bujumbura (capitale économique) – Rugombo est passé de 4 000 francs burundais à 10 000 francs », se désole un passager rencontré au chef-lieu de Cibitoke.

La hausse du prix du ticket de transport concerne aussi les déplacements entre communes. « Par exemple, le ticket de transport Rugombo – Mabayi est passé de 4000 à 7000 francs burundais ; pour faire le trajet Rugombo – Mugina, on doit payer 3000 francs alors qu’on donnait pour la même distance 1500 francs avant la pénurie », disent des habitants qui se sont confiés à SOS Médias Burundi.

Des vivres ayant connu une hausse de prix à Cibitoke
Des vivres ayant connu une hausse de prix à Cibitoke

La même situation s’observe pour le trajet Rugombo-Buganda sans oublier Rugombo-Bukinanyana où le prix du ticket a doublé passant de 7 à 14 mille francs, déplorent des sources locales.

Selon nos informations, un litre d’essence ou de gazoil s’achète entre 7000 et 9000 francs burundais, plus du double du prix officiel.

Des répercussions s’observent aussi sur les prix des denrées alimentaires dont les prix ont sensiblement grimpé jusqu’à 40%. Par exemple, comme on a pu le constater sur place, le prix du haricot de première qualité et deuxième qualité en provenance des provinces de Ngozi et Kirundo (nord du Burundi) est passé respectivement de 1500 à 2000 et de 1900 à 2500.

Le prix d’un kilogramme de riz quant à lui est fixé à 2600 francs, connaissant une hausse de 800 par rapport à son évaluation normale alors que la même quantité de farine de manioc s’achète actuellement à 1500 francs au moment où le kg était vendu à 1000 avant la crise du carburant.

Une station sans carburant à Bubanza
Une station sans carburant à Bubanza

Un commerçant de vivres explique que « cette augmentation des prix des produits vivriers est consécutive à la pénurie du carburant et à sa cherté ».

Le gouverneur de Cibitoke a quant à lui mis en garde les spéculateurs et envisage des sanctions sévères à l’endroit de tout contrevenant.

Même situation à Bubanza

Après une journée de rupture de l’essence et du gazoil dans les deux stations de pompage de Bubanza , les véhicules qui font le transport Bubanza – Bujumbura sont sensiblement réduits. Au parking de Bubanza , ce jeudi,sur plus de 100 véhicules qui font ce transport de biens et personnes, moins de 10 se sont présentés. Les autres sont condamnés au stationnement par manque de carburant.

Pour se rendre à Bujumbura, le ticket qui était fixé à 4000 francs est négocié entre 5000 et 6000 francs burundais.

Même situation pour les motards qui font le transport rémunéré entre communes.

« Nous sommes condamnés à nous approvisionner au marché noir, un litre est acheté à 5000 francs et c’est le client qui doit subir les conséquences », estiment des motards rencontrés au parking de Bubanza .

« C’est incompréhensible. Même quand le peu de carburant est servi, tout est épuisé en un jour. Et ce qui est inconcevable, c’est que les personnes qui nous vendent le carburant sur le marché noir s’approvisionnent elles aussi à ces stations », déplorent des chauffeurs de bus de transport en commun.

Le parking de Bubanza presque vide
Le parking de Bubanza presque vide

Les employés des deux stations n’ont pas de promesse d’être alimentés prochainement. « Le transport des personnes et des biens risque d’être paralysé à Bubanza », analyse un fonctionnaire de la place.

« Nous avons été obligés de suspendre nos activités », se désolent des chauffeurs de bus de transport en commun et de taxi motos au moment où leurs employeurs eux, disent « ne plus savoir sur quel pied danser », demandant au gouvernement de « débloquer cette situation avant qu’il ne soit trop tard ».

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Photo : le parking de Rugombo à Cibitoke l’un des plus grands et fréquentés est aujourd’hui presque vide

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