Burundi : vers la radiation des confessions et ASBLs qui ne contribuent pas au développement
Le ministère en charge des affaires intérieures a présenté vendredi dernier la cartographie des confessions religieuses et des associations sans but lucratif dans la petite nation de l’Afrique de l’est. L’objectif est d’analyser leur rôle dans le développement du pays à défaut de quoi elles seront suspendues. (SOS Médias Burundi)
Selon une étude réalisée récemment, plus de seize mille confessions religieuses ont été dénombrées dans toutes les provinces du pays, tandis que les associations sans but lucratif (locales et internationales) se comptent à plus de deux mille sept cents. L’étude porte sur la période allant de février à mai 2022.
Le rapport de cartographie montre plutôt que le nombre de confessions religieuses ne cesse d’augmenter alors qu’elles ne contribuent rien au développement.
La loi de 2014 exige une distanciation d’au moins 500 m entre une église et une autre dans les provinces, et d’au moins 1 km dans la ville commerciale Bujumbura.
Dans la capitale économique Bujumbura, c’est dans les zones de Kamenge, Kinama et Cibitoke au nord où ont été recensées plus de confessions religieuses que dans d’autres zones.
Dans la zone de Kamenge, « la cartographie montre qu’à chaque 1.7 Km2, il y a un lieu de culte ».
Le secrétaire permanent au ministère en charge des affaires intérieures demande aux gouverneurs des provinces de continuer à fermer les églises qui ne remplissent pas les conditions nécessaires ou qui fonctionnent en dehors du cadre légal.
« Elles sont devenues des lieux de conflits au lieu d’être des lieux où l’on enseigne une bonne moralité », a lancé Martin Ninteretse.
Pour le gouverneur de Kayanza (nord du Burundi), la plupart des confessions religieuses ne contribuent pas au développement.
« Même les anciennes confessions religieuses ne font plus rien. Pour les témoins de Jéhovah, même leurs temples de prière sont inquiétants. Ils sont trop étroits, et eux ils ne se présentent même pas dans les travaux de développement », s’est inquiété le colonel Rémy Cishahayo.
Quant au gouverneur de Muyinga (nord-est), les gouverneurs ne sont pas suffisamment compétents pour fermer toutes les confessions religieuses ne remplissant pas les conditions.
« Parmi les gouverneurs ou même les hauts cadres du pays, il y en a des pasteurs et apôtres[….] », a-t-il rappelé.
Selon M. Ninteretse, des mesures vont être prises prochainement à l’endroit des églises et ASBLs.
« Même celles qui se croient plus anciennes ou dépendantes des sièges ou maisons- mère se trouvant à l’étranger sont concernées », a-t-il prévenu.
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