Photo de la semaine -Gitega : le président Neva va remercier tout juge corrompu

Photo de la semaine -Gitega : le président Neva va remercier tout juge corrompu

Le président Évariste Ndayishimiye promet de limoger tous les juges et les magistrats de parquets accusés de corruption. Il l’a déclaré à Gitega (capitale politique) à l’occasion des festivités marquant la journée nationale du patriotisme et la commémoration de la deuxième année de la mort de feu président Pierre Nkurunziza, le 8 juin dernier. Selon lui , des investigations ont été faites pour débusquer les corrompus. (SOS Médias Burundi)

Les festivités ont débuté par le dépôt des gerbes de fleurs à la tombe du président Nkurunziza par le chef de l’État Évariste Ndayishimiye, la famille du guide suprême du patriotisme ainsi que les représentants du corps diplomatique et consulaire accrédités au Burundi.

Dans une courte prédication, le révérend pasteur Déogratias Nshimiyimana, représentant de l’église Méthodiste Libre au Burundi a mis l’accent sur l’espoir, l’amour de la patrie et le pardon mutuel.

De son côté, l’ancien président Domitien Ndayizeye s’est interrogé sur le fait que les Bahutu, Batutsi et les Batwa continuent à « se déchirer ». Alors que plusieurs nations ont une trentaine d’ethnies qui cohabitent pacifiquement. Il a donné l’exemple du Kenya.

M. Ndayizeye déplore le fait que certains Burundais veulent » forcer les autres à l’exil ». Il a déploré la corruption et les malversations économiques qui gangrènent le Burundi.

M. Ndayizeye qui est président du Conseil des sages de l’Union africaine estime que les Burundais sont condamnés à cohabiter. Il invite les gestionnaires du pays à « accepter et respecter différentes conventions signées entre les Burundais ainsi que leur mise en application ».

Dans son discours, le président Évariste Ndayishimiye a regretté les crises qui ont endeuillé le Burundi dans le passé.

Il a aussi déploré que des responsables politiques de l’opposition tendent des pièges au régime actuel. Il a appelé les cerveaux, la diaspora à « ne pas ternir l’image du pays mais venir investir au Burundi ».

Le président Ndayishimiye a exhorté la population à s’atteler aux travaux de développement et à lutter contre la pauvreté. Il a aussi mis en garde ceux qui s’adonnent à la malversation des fonds publics et a demandé aux dirigeants d’éviter le népotisme et le clientélisme dans l’octroi de l’emploi.

Le président Neva a promis de redynamiser le système judiciaire et de « limoger de leurs fonctions tous les juges et les magistrats des parquets accusés de corruption ».

« Des enquêtes très fouillées ont été menées pour identifier ceux qui seront remerciés », a ajouté le chef de l’État.

Même si le CNDD-FDD et le gouvernement burundais ont introduit la journée nationale du patriotisme pour « perpétuer et renforcer l’image du président Nkurunziza », qu’ils considèrent d’ailleurs comme un « modèle africain », plusieurs défenseurs de droits humains burundais et internationaux le voient différemment.Selon maître Dieudonné Bashirahishize, un avocat burundais en exil, « le régime répressif de l’ancien président Nkurunziza incarnera toujours aux yeux du monde : la brutalité, l’intolérance et la régression des libertés publiques et de l’économie. N’en déplaise à ses fidèles, il ne peut pas être le symbole du patriotisme ».

L’ancien président Nkurunziza, seul Hutu à avoir jusqu’à présent dirigé le Burundi plus longtemps (2005-2020) est mort dans des circonstances mystérieuses en juin 2020 après les élections présidentielles et législatives que son parti le CNDD-FDD a largement remporté. Plusieurs sources ont confirmé à notre rédaction qu’il est décédé des suites de la maladie à Coronavirus, ce que les autorités burundaises ont nié disant qu’il est mort d’un arrêt cardiaque. Lorsqu’il est décédé, sa mère était alitée à Ngozi (province natale de Nkurunziza au nord et où il a été vu pour la dernière fois sur un stade dans sa localité natale) au moment où son épouse était en soins intensifs dans un hôpital privé de renom à Nairobi, la capitale du Kenya. Toutes les deux avaient été atteintes de Coronavirus, selon nos informations.

Avec un autre mandat controversé entamé en 2015, et qui a déclenché une crise dont le Burundi peine encore à se relever , l’ancien chef rebelle Hutu a laissé héritage mitigé.

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Photo : le président Neva se recueille devant la tombe de son prédécesseur

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