Kirundo : des cotisations forcées inquiètent le personnel de santé
Dans la province de Kirundo (nord du Burundi), le personnel affecté dans le secteur de la santé est appelé à contribuer pour la construction du palais présidentiel de Gitega (capitale politique). La somme à contribuer varie entre 8000 et 100 mille francs burundais. Les concernés se disent fatigués par de telles contributions qui ont un caractère forcé. (SOS Médias Burundi)
Chacun de tout le personnel qui travaille dans le secteur de la santé dans la province de Kirundo connaît la somme qu’il doit contribuer pour la construction d »‘Urubumbiro rw’i Muhira », ce palais présidentiel qui sera érigé à Gitega.
« Les veilleurs, les plantons et chauffeurs doivent contribuer à hauteur de 8000 francs burundais. Les médecins- directeurs des hôpitaux; des districts et le directeur provincial de la santé doivent verser une somme de 100 mille francs chacun. Le directeur financier d’un hôpital donne 70 mille francs », selon des témoins.
« Les équipes- cadres du bureau provincial de la santé et de districts doivent s’acquitter de 50 mille chacun, les titulaires des centres de santé quant à eux ont été informés qu’ils cotiseront 40 mille. Un simple médecin consultant donne 20 mille tandis qu’un gestionnaire d’un centre de santé doit donner 16 mille francs burundais », a indiqué un titulaire d’un centre de santé qui s’est confié à SOS Médias Burundi sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité.
Selon nos sources, les concernés devraient avoir payé la somme au 10 juin. Il y en a qui n’ont pas encore terminé de contribuer, assurent nos sources.
Des personnes concernées par cette collecte disent être fatiguées par de telles contributions.
« Nous sommes fatigués par ces contributions forcées et incessantes. Tantôt c’est pour construire la permanence provinciale du parti CNDD-FDD, tantôt c’est pour acceuillir des hautes personnalités comme Réverien Ndikuriyo, secrétaire national du parti au pouvoir, tantôt ce sont les événements que les responsables du CNDD-FDD créent eux -mêmes pour nous rançonner de l’argent », regrette un responsable d’un centre de santé rencontré à son poste d’attache.
Même des militants du parti au pouvoir signalent que « nous sommes intimidés par le secrétaire provincial du parti présidentiel si nous ne contribuons pas ».
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Photo : la province de Kirundo
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