Burundi : HRW trouve urgent que le Rapporteur spécial de l’ONU ait accès au Burundi et que les prisonniers politiques soient libérés

Burundi : HRW trouve urgent que le Rapporteur spécial de l’ONU ait accès au Burundi et que les prisonniers politiques soient libérés

Le 29 juin dernier, le Rapporteur spécial sur le Burundi a présenté son rapport au Conseil des droits de l’homme à Genève. Mais, « le représentant du Burundi dans le Conseil a mis fin encore une fois de plus à tout espoir que son pays coopère avec le nouveau Rapporteur spécial des Nations -Unies, chargé de surveiller et de rendre compte de la situation des droits humains dans le pays ». Human Rights Watch trouve que le Burundi rejette des appels à la réforme et à la surveillance et qu’il est urgent de donner accès au Rapporteur spécial de l’ONU et de libérer les prisonniers politiques. (SOS Médias Burundi)

Selon HRW, il n’y a plus espoir que le Burundi puisse accepter de coopérer avec le nouveau Rapporteur spécial des Nations-Unies, chargé de surveiller et de rendre compte de la situation des droits humains dans le pays.

« Le représentant du Burundi au Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies a mis fin, une fois de plus, à tout espoir que son pays coopère avec le nouveau Rapporteur spécial des Nations-Unies,[…] », regrette l’organisation de défense de droits humains.

Après la présentation du Rapporteur spécial le 29 juin, certains États ont exprimé leurs préoccupations du fait que des « figures de l’opposition sont prises pour cibles ».
Ils ont également demandé aux autorités de «mener des enquêtes approfondies et de poursuivre les cas présumés d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées, de torture et d’autres violations et abus des droits humains».
Mais de nombreux États ont aussi salué les efforts du gouvernement, les progrès supposément accomplis et le travail pourtant discutable de sa commission nationale des droits humains qui manque d’indépendance.

Toutefois, HRW trouve qu’il est difficile de déterminer quels efforts le gouvernement déploie réellement pour lutter contre les violations systémiques des droits humains au Burundi.

« Depuis l’arrivée au pouvoir il y a deux ans du président Évariste Ndayishimiye, nos enquêtes ont mis en évidence les mêmes schémas d’abus que ceux perpétrés sous le règne de Pierre Nkurunziza, son prédécesseur, resté au pouvoir pendant 15 ans », remarque-t-elle.

Elle affirme avoir constaté « des mesures positives limitées sous Ndayishimiye ».

« Les autorités burundaises ont levé certaines suspensions imposées à des médias et à la société civile et remis en liberté plusieurs défenseurs des droits humains et journalistes. Mais si le gouvernement est sincère dans ses intentions affichées de mettre en œuvre des réformes et d’améliorer son image, il doit aller beaucoup plus loin », poursuit Human Rights Watch.

Elle donne l’exemple de l’avocat et ancien défenseur des droits humains Tony Germain Nkina, qui a été arrêté en octobre 2020 et qui, selon elle, reste injustement emprisonné.

« Malgré l’absence de preuves crédibles présentées par l’accusation, il a été reconnu coupable de collaboration avec un groupe rebelle burundais opérationnel en République démocratique du Congo, qui est accusé d’attaques au Burundi », explique-t-elle.

De la répression

HRW rapporte que la répression exercée par le gouvernement se poursuit, et que son dernier rapport fait état de nouveaux meurtres, disparitions, détentions arbitraires et actes de torture à l’encontre d’opposants présumés au gouvernement, et le système judiciaire qui n’est pas indépendant.

« Un cas flagrant concerne huit Burundais qui ont été détenus en secret et torturés en Tanzanie. Lorsque la Tanzanie a renvoyé de force ces réfugiés, les autorités burundaises les ont jugés pour participation à des bandes armées. Bien qu’un juge burundais ait déclaré que l’affaire était politique et qu’ils aient été acquittés de tous les chefs d’accusation…, six d’entre eux restent incarcérés », donne-t-elle pour exemple.

Elle trouve qu’il est temps que les autorités burundaises passent de la parole aux actes, en donnant accès au Rapporteur spécial, et en libérant toutes les personnes injustement emprisonnées, en arrêtant les auteurs de violations des droits humains et en ouvrant des poursuites à leur encontre.

Les autorités burundaises ont toujours qualifié les rapports de Human Rights Watch de « rumeurs sans fondement produits dans le but de ternir l’image du Burundi ».

Et depuis la crise burundaise déclenchée par un autre mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza en 2015, elle est parmi les organisations qui ne peuvent pas avoir accès au territoire burundais.

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