Photo de la semaine: des manifestations anti-Monusco tournent au pillage et à la violence

Photo de la semaine: des manifestations anti-Monusco tournent au pillage et à la violence

Des centaines de manifestants ont envahi certaines artères principales de la ville de Goma , chef- lieu de la province du Nord Kivu dans l’Est de la République Démocratique du Congo le lundi 25 juillet 2022.
Les manifestants disent réclamer le départ de la mission de l’organisation des Nations-Unies en République démocratique du Congo (Monusco) suite à son inefficacité en matière de protéger les population civiles à l’est du Congo. Des dégâts humains et matériels ont été enregistrés au cours de cette marche manifestation. Des sources non encore confirmées par les autorités provinciales parlent d’au moins cinq morts et plusieurs blessés.
(SOS Médias Burundi)

La circulation a été bloquée sur plusieurs axes notamment Katoy Nôtre Dame excepté le tronçon deux lampes où les motos taxis étaient visibles timidement ce lundi dans la matinée.

Au cours de cette marche anti-Monusco, trois bases de la Monusco ont été prises d’assaut par les manifestants qui ne jurent que par le départ de la mission Onusienne selon un témoin. Il s’agit de la base logistique de RVA, base Cadastre et la base de Serena.

Selon des activistes pro-démocratie, le bilan provisoire est de cinq morts parmi les manifestants, et une quarantaine de blessés.

« Durant les manifestations contre la Monusco de ce lundi 25 juillet 2022 de la population congolaise qui ne jure que par le départ de la Monusco, il y a eu cinq morts, les victimes ont été tuées par les éléments des casques bleus, et une quarantaine de blessés graves admis dans des structures sanitaires différentes de la ville de Goma », a indiqué Mwendelwa , responsable des activistes pro-démocratie qui a pris part à cette marche.

La réaction de la MONUSCO ne s’est pas fait attendre.

« La base logistique de la Monusco a été saccagée par des manifestants en colère, lundi 25 juillet 2022, en ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, dans l’Est de la RD Congo », lit-on dans un communiqué.

Le même communiqué précise que certains biens ont été emportés par des manifestants exigeant le départ de la Monusco qu’ils accusent d’être inefficace face aux groupes armés.

La Monusco dénonce l’attaque de ses locaux à Goma, dans le Nord-Kivu, perpétrée par un groupe de pilleurs selon ce qu’on peut lire, en marge d’une manifestation qui, de surcroît, a été interdite par le maire de la ville de Goma.

« La Mission est très préoccupée par ce très grave incident qui intervient au lendemain de propos hostiles et de menaces non voilées émis de la part d’individus et groupes à l’encontre des Nations-Unies », se désole l’une des plus controversées missions de l’ONU.

Dans son communiqué, elle rappelle que ses locaux sont inviolables en vertu de l’accord sur le statut des Forces entre les Nations-Unies et le gouvernement de la RDC ainsi que la Convention sur les privilèges et immunités des Nations-Unies de 1946.

Le Représentant spécial adjoint en charge des opérations et chef de mission par intérim, M. Khassim Diagne appelle à l’apaisement et à la retenue.

« Les incidents de Goma sont non seulement inacceptables mais totalement contre-productifs. La Monusco est mandatée par le Conseil de sécurité pour accompagner les autorités à protéger les civils. Elle se tient aux côtés des populations et appuie les forces de défense et de sécurité nationales dans leur lutte contre les groupes armés. La Mission appuie aussi les autorités congolaises dans leurs efforts qui visent à restaurer l’autorité de l’Etat », a déclaré M. Diagne.

Il rappelle également que » ce n’est pas dans le chaos et la confusion ou la division que nous ferons des avancées vers la stabilisation et la paix ».

Lors de son passage récent à Goma, Bahati Lukwebo, président du Sénat avait aussi demandé à la mission Onusienne de se retirer de la RDC pour » inefficacité face à l’insécurité grandissante, dans l’Est du pays ».

Vendredi dernier, une autre manifestation (non violente) contre la Monusco avait été organisée par les femmes-leaders dans la ville de Goma.

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Notre photo : un manifestant arrêté par des casques bleus à Goma

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