Makamba : des responsables judiciaires accusés de corruption
Selon certaines autorités administratives, des responsables judiciaires sont corrompus en province de Makamba (sud du pays). Le président du tribunal de grande instance de Makamba et le procureur du parquet sont accusés de programmer des procès pendant cette période de vacances judiciaires pour « libérer des prisonniers qui leur donnent des pots de vin ». (SOS Médias Burundi)
Le dossier qui a mis la poudre au feu est celui de deux infirmiers emprisonnés depuis bientôt 4 mois, accusés d’infanticide par avortement.
Cette affaire a été programmée en itinérance à la prison de Murembwe (province voisine de Rumonge au sud-ouest) lundi dernier.
Selon des sources proches du dossier, le président du tribunal de grande instance de Makamba Aloys Ntibishimirwa et le procureur du parquet de son ressort Claver Sabushimike ont programmé ce dossier pendant la période des vacances judiciaires sur base de corruption des deux infirmiers.
Des pots de vin qui avoisinent 2 millions de francs burundais auraient été donnés par les familles d’Eliezer Nahigombeye, infirmier de l’hôpital Makamba et un autre infirmier qui était affecté à l’hôpital Kibuye en province de Gitega (centre du Burundi) avant sa détention.
Les deux infirmiers, originaires de la commune de Kayogoro de la province de Makamba sont voisins des deux responsables judiciaires dans la même commune de Kayogoro.
Ils ont été arrêtés pour avoir aidé deux jeunes filles à avorter en leur attribuant des médicaments provocateurs.
Un des corps des bébés a été donné à des porcs et l’autre jeté dans une poubelle. Le premier fait s’est déroulé en commune de Kayogoro au moment où le deuxième a eu lieu à Makamba.
Les deux infirmiers étaient poursuivis pour « complicité dans l’avortement et mauvais traitement des cadavres ».
Le tribunal de grande instance a condamné les deux infirmiers à 5 mois d’emprisonnement et à verser une amende de 25 mille francs burundais chacun pour complicité d’avortement mais les a blanchis de l’infraction de mauvais traitement des corps.
Ce procès a suscité des indignations. Les deux responsables judiciaires ont été interrogés mercredi par le procureur général près la cour d’appel de Makamba avant d’être convoqués par la gouverneure de province, Françoise Ngozirazana.
La nomination des deux responsables judiciaires avaient provoqué des lamentations suite à leur passé.
Aloys Ntibishimirwa, président du tribunal de grande instance de Makamba avait été arrêté en flagrant délit en train de recevoir des frais de corruption de 50 mille francs lorsqu’il était au tribunal de grande de Rutana (sud-est). Il avait été condamné à 6 mois de prison avant de réintégrer son ministère.
D’autres magistrats qui ont été nommés avaient été dénoncés par la population lors des réunions de la ministre de la Justice en mars dernier et lors de la réunion de moralisation du chef de l’État au chef-lieu de la province de Makamba.
Les habitants demandent aux autorités hiérarchiques de mettre en avant des responsables judiciaires épris de justice en écartant ceux qui sont corrompus.
Sept personnes avaient été arrêtées dans cette affaire dont les deux infirmiers et trois filles.
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Photo : la province de Makamba
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