Bujumbura : une activiste vivant au Rwanda incarcérée par les renseignements burundais
Floriane Irangabiye aurait quitté le Rwanda le 28 août dernier vers le Burundi. Deux jours plus tard, elle a été arrêtée et conduite au cachot du service national de renseignements (SNR) dans la ville commerciale Bujumbura. Elle est entre autres poursuivie pour « collaboration avec les groupes armés et espionnage ». (SOS Médias Burundi)
D’après une source proche de la famille de Floriane Irangabiye, elle serait accusée de «collaboration aux mouvements rebelles et espionnage », en défaveur du gouvernement du Burundi.
Elle est très connue dans le milieu de réfugiés burundais à Kigali et surtout dans des mouvements de femmes.
“Elle est connue comme une femme battante, militante, rigoureuse pour les droits des femmes et même quand il s’agit de charger le gouvernement du Burundi pour des violations des droits humains, elle n’hésite pas à donner son opinion”, description faite par une de ses compagnons dans des mouvements féministes.
“Elle est proche aussi des Burundais en exil qui sont dans diverses associations sans but lucratif œuvrant dans la culture, l’entraide sociale, le sport ,[…]”, ajoute celle qui la connaît bien.
Floriane Irangabiye est souvent invitée à participer dans des débats sur des médias en exil dont la radio « Igicaniro » avec des leaders politiques burundais réfugiés en Europe, Afrique, Amérique et partout ailleurs, ou les animer.
Cette radio est affiliée à un mouvement dit « Fraternité », une association de Burundais en exil. Le premier juillet 2022, elle était même dans l’équipe d’organisation de la célébration du 60è anniversaire de l’Indépendance du Burundi, marquée par «Fraternité» à Kigali au Rwanda.
Réfugiée ou membre de la diaspora
Ceux qui connaissent bien Floriane Irangabiye, soulignent qu’elle se serait installée au Rwanda avant la crise de 2015 déclenchée par un autre mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza. Elle s’y était rendue pour fonder son foyer à Kigali.
“Plus tard, elle a rompu avec son époux”, mentionnent-ils avant d’ajouter que «[…], elle n’était pas réfugiée contrairement aux affirmations des uns et des autres. Elle demandait des prolongations de visa de séjour pour rester sur Kigali”.
Quand la nouvelle est tombée ce mardi, la plupart de personnes qui la côtoient à Kigali ont été surprises.
« Quoi ! Floriane que nous connaissons dans ses réactions ! Aller au Burundi pour demander un passeport, ce n’est pas possible. C’est ce qu’on appelle se jeter dans la gueule du loup », peut-on lire dans les réactions de certains défenseurs des droits humains dans leurs groupes de discussions.
Les autres tranchent
“Contrairement à ce qui est en train de se propager sur les réseaux sociaux comme quoi, Floriane est allée au Burundi pour renouveler son passeport , elle s’y était rendue pour d’autres fins car elle détient déjà un passeport burundais d’une validité de dix ans”, ont semblé éclaircir ceux avec qui elle aurait partagé un verre.
“Floriane Irangabiye est allée au Burundi pour un autre motif familial. Dès sa traversée de la frontière, elle est allée même à Ngozi (nord du Burundi) , puis a continué à Bujumbura. En arrivant à Bujumbura, elle a fait des rencontres multiples dans les restaurants, bars, cafétérias, … avec de membres de famille, ses amis, ses contacts professionnels, précisent d’autres sources.
“Comment elle a osé se rendre au Burundi alors qu’elle se faisait passer pour une activiste en exil? Je commence à m’inquiéter et douter qu’elle serait un agent double”, s’interroge une de ses connaissances.
À la question de savoir comment l’information sur l’incarcération de Floriane Irangabiye n’avait pas encore été divulguée, personne ne parvient à y répondre.
Sur son compte Twitter apparaît trois photos différentes du président rwandais Paul Kagame.
Il n’est pas encore établi si son interpellation est liée à son séjour dans la capitale rwandaise.
Les services secrets burundais tout comme la police n’ont pas encore communiqué sur cette affaire.
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Photo : Floriane Irangabiye, détenue par les services de renseignements burundais
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