Busiga : un rapatrié menacé de mort par des Imbonerakure

Busiga : un rapatrié menacé de mort par des Imbonerakure

Sébastien Kabuga, la soixantaine , rapatrié en 2021 habite la colline de Rumbaga en zone de Rukeco de la commune de Busiga (province de Ngozi, nord du Burundi). Ayant subi des menaces de mort à plusieurs reprises, il a déjà échappé de justesse à une attaque des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD). Il a déjà saisi les autorités, mais il craint toujours d’être tué. (SOS Médias Burundi)

Selon ses proches, des Imbonerakure ont juré que le vieux rapatrié du Rwanda doit être tué.

« Il s’agit d’un groupe de quatre Imbonerakure qui ont juré qu’ils doivent en finir avec Kabuga. Vendredi dernier, ils allaient le tuer. Il a été sauvé grâce à des femmes qui sont passées par son domicile à l’improviste. Ils l’avaient déjà sorti de sa maison pendant la nuit et étaient déterminés à l’emmener avec eux », racontent des témoins.

La seule faute du sexagénaire, selon nos sources : avoir refusé d’adhérer au parti CNDD-FDD, ce que les Imbonerakure qui le harcèlent considèrent comme une « insulte ».

Même si les auteurs sont connus, la victime et ses proches craignent pour sa sécurité.

« Kabuga a alerté l’administration, mais elle a minimisé les faits. La CNIDH (Commission nationale indépendante des droits de l’homme) a été saisie, elle a réagi et calmé la situation. Entre-temps, des Imbonerakure jurent qu’ils doivent éliminer leur cible en moins d’un mois », regrettent des proches du vieil homme.

Des défenseurs locaux de droits humains demandent à la justice et à la police d’intervenir.

Dans les provinces du nord-est du Burundi, frontalières avec le Rwanda, plusieurs rapatriés font objet d’agression des administratifs à la base, des Imbonerakure et des policiers qui les soupçonnent souvent d’appartenir à des groupes armés ou de collaborer avec eux ou encore de recruter pour eux.

En province de Kirundo, certains d’entre eux ont été jugés pour « collaboration avec les groupes armés et atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat », d’autres ayant opté pour retourner en exil afin d’échapper à la persécution.

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Photo : la province de Ngozi

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