Photo de la semaine : 26 ans après l’assassinat de Mgr Joachim Ruhuna, sa famille réclame toujours justice

Photo de la semaine : 26 ans après l’assassinat de Mgr Joachim Ruhuna, sa famille réclame toujours justice

Vendredi dernier, la famille, les amis et connaissances ainsi que l’église ont commémoré le 26ème anniversaire de l’assassinat de l’ancien Archevêque de Gitega, Joachim Ruhuna. Sa famille exige que justice soit faite. Une messe en sa mémoire a été dite à l’Évêché de Gitega (capitale politique). Mgr Simon Ntamwana a regretté que « le Burundi est toujours miné par l’égoïsme, l’hypocrisie et la corruption ». (SOS Médias Burundi)

Mgr Joachim Ruhuna a été sauvagement assassiné le 9 septembre 1996 non loin de la rivière Mubarazi en provenance du grand séminaire de Burasira (province de Ngozi au nord du Burundi).

Plusieurs personnes s’étaient rassemblées ce vendredi dans la capitale politique pour « célébrer la vie de l’homme de Dieu », symbole de paix, d’unité et de réconciliation au Burundi.

Depuis son assassinat, aucun jugement n’a été rendu contre qui que ce soit. Sa famille exige que justice soit faite.

Lors d’une messe dite en mémoire du prélat, Mgr Simon Ntamwana (ancien Archevêque de Gitega) a rappelé que les auteurs du crime avaient caché le cadavre de son prédécesseur. Il a également regretté que « le Burundi reste toujours miné par l’égoïsme, l’hypocrisie et la corruption » avant de prêcher « l’amour, l’unité, le pardon, la cohabitation pacifique ainsi que la réconciliation ».

L’ancien Archevêque de Gitega était apprécié par les membres des deux ethnies majoritaires au Burundi qui s’entretuaient à l’époque.

« Nous n’oublierons jamais ce serviteur de Dieu qui nous a cachés alors que des extrémistes Tutsis allaient nous assassiner », ont témoigné des intellectuels et commerçants Hutus de la ville de Gitega.

L’ancien représentant du Saint Père à Gitega a été assassiné le 9 septembre 1996 dans une embuscade d’hommes armés non loin de la rivière Mubarazi. C’est entre les communes de Mutaho et Bugendana, en province de Gitega.
Il rentrait d’une mission de travail du Grand Séminaire de Burasira en passant par la paroisse de Gitongo.

À l’époque, les deux communes ainsi que la commune de Gihogazi en province de Karusi (centre-est) étaient en proie à des combats entre l’armée burundaise dominée par des Tutsis et des rebelles Hutus des FDD (Forces de Défense de la Démocratie), qui deviendront plus tard le CNDD-FDD.
Ce sont ces derniers qui occupaient la localité où il a été tué.

Le 9 septembre de chaque année ,le synode diocésain de Gitega a décidé une journée dédiée au pardon et à la renonciation.

Le 23 juillet 1996, l’ancien archevêque de Gitega avait qualifié de « maudits », des rebelles qui avaient massacré 648 Tutsis dans un camp de déplacés à Bugendana. L’attaque a été attribuée aux FDD. Les victimes avaient fui des tueries qui ont suivi l’assassinat du premier président Hutu démocratiquement élu, Melchior Ndadaye en octobre 1993. En 1996, au nom de l’église catholique du Burundi, l’ancien président de la conférence des évêques catholiques du Burundi monseigneur Bernard Bududira avait ouvertement accusé les FDD d’avoir tué le prélat. Deux autres personnes dont une sœur catholique qui se trouvaient dans le même véhicule que lui ont été tuées.

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Notre photo : des personnes se recueillent devant le monument de feu Mgr Joachim Ruhuna en ville de Gitega, le 9 septembre 2022

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