Photo de la semaine- Bibogobogo (RDC) : l’armée congolaise affirme avoir neutralisé les Maï-Maï mais ils continuent de semer la terreur

Photo de la semaine- Bibogobogo (RDC) : l’armée congolaise affirme avoir neutralisé les Maï-Maï mais ils continuent de semer la terreur

L’armée congolaise annonce avoir tué ces derniers jours au moins huit miliciens Maï-Maï dans la zone de Bibogobogo en territoire de Fizi (province du Sud-Kivu, est de la RDC). Elle dit avoir mis « l’ennemi hors d’état de nuire ». Mais des habitants et la société civile rapportent toujours des tueries et enlèvements visant surtout des membres de la communauté Banyamulenge. (SOS Médias Burundi)

Selon le porte parole du secteur opérationnel Sokola 2 dans le Sud-Kivu, les miliciens Maï Maï tués faisaient partie des groupes Maï-Maï Yakutumba et Kibukila qui ne cessent de provoquer et attaquer les militaires.

Le major Dieudonné Kasereka, porte parole des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) dans la région affirme que « les assaillant sont en déroute ». Toutefois, des habitants du territore de Fizi et la société civile décrivent une situation différente de celle présentée par l’armée.

Des habitants sont enlevés, tués et leurs troupeaux pillés. Il y a quelques jours, au moins 56 civils ,pour la plupart de la communauté Banyamulenge avaient été kidnappés par les Maï-Maï. C’est samedi dernier qu’ils ont été relâchés.

SOS Médias Burundi est allé à la rencontre de quelques uns parmi lesquels le chef du village de Bivumu. Makongo Bitandaro a perdu un fils à côté d’au moins trois autres personnes. « C’est très surprenant ce que nous avons vu à Kirumbi et Nakiheli quand on était dans les mains des Maï-Maï. D’abord les militaires se déplacent avec les Maï-Maï, tels des collaborateurs et puis toutes les vaches et chèvres pillées dans nos villages sont regroupées à Kanguli », regrette M. Makongo.

« Jusqu’à présent, quatre jeunes hommes qui étaient avec nous dans la brousse n’ont jamais été retrouvés. Nous pensons qu’ils ne sont plus en vie. Le gouvernement doit tout faire pour nous protéger », ajoute une mère relâchée le week-end dernier.

Depuis le 13 octobre, au moins 13 villages de la communauté Banyamulenge ont été brûlés à Fizi, 17 personnes dont trois femmes assassinées et plus de 7 mille habitants forcés de fuir leur ménage. « Depuis notre arrivée à Baraka le 14 octobre, nous n’avons reçu aucune aide de la part du gouvernement ni des ONGs œuvrant dans la région. Nous ne comptons que sur nos enfants éparpillés dans les différents pays du monde. Seule la Monusco (Mission de l’organisme des Nations-Unies en République Démocratique du Congo) nous donne de l’eau propre », se désole révérend Pasteur Gaparasi Mahirwe, un représentant des déplacés de Baraka.

Des membres de la communauté Banyamulenge, un peuple principalement composé de pasteurs accusent les FARDC d’assister impuissamment face aux tueries qui les visent dans les territoires de Fizi, Mwenga et Uvira (Sud-Kivu). Ils déplorent aussi le fait que les vaches pilées par des groupes armés sont revendues dans des marchés locaux contrôlés par les autorités et les forces de sécurité.

L’ONU indique être préoccupée par la situation à l’est de la RDC. « […],c’est une question qui nous tient à cœur d’autant que nous venons de passer plusieurs jours en RDC et notamment dans l’est de ce pays. Et il est clair qu’un des éléments fondamentaux pour promouvoir davantage de sécurité non seulement dans l’est de la RDC mais dans la région des Grands-Lacs c’est le renforcement des partenariats entre les pays de la région », a indiqué ce mardi après un tête à tête avec le président burundais dans la capitale économique Bujumbura Jean Pierre La Croix, secrétaire général adjoint des Nations-Unies chargé des opérations de maintien de la paix.

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Photo : des déplacés de Baraka en attente d’être approvisionnés en eau potable

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