Burundi : désormais toutes les descentes sur terrain des administratifs seront financées par les ONGs

Burundi : désormais toutes les descentes sur terrain des administratifs seront financées par les ONGs

Les partenaires technique et financier oeuvrant dans chaque localité vont désormais prévoir un budget destiné à financer le déplacement des autorités administratives. Cela pour que ces dernières fassent des descentes sur terrain pour voir l’état d’avancement des projets. Une décision prise lors d’une réunion de ce lundi entre le premier ministre Gervais Ndirakobuca et les gouverneurs de provinces. Des représentants des ONGs estiment qu’il s’agit d’une forme de corruption qui vient d’être légalisée. (SOS Médias Burundi)

Dans certaines provinces, les gouverneurs ont commencé à informer les concernés. C’est le cas de la province de Rumonge au sud-ouest du pays.

Le gouverneur de province a réuni les partenaires technique et financier qui oeuvrent dans cette province après la rencontre de Gitega (capitale politique).

Consolateur Nitunga leur a annoncé qu’ils vont désormais financer tous ses déplacements sur terrain ainsi que ceux des administrateurs communaux.

L’objectif des descentes des autorités administratives est de s’enquérir de l’état d’avancement des projets et de leur mise en œuvre par les organisations non gouvernementales.

Pour ne pas s’y dérober, ces partenaires technique et financier ont l’obligation de préciser clairement le montant ou le budget alloué à chaque activité exécutée dans une localité. Cela afin de faciliter l’affectation des ressources financières aux différentes descentes sur terrain des autorités administratives.

Les ONGs devraient en outre montrer clairement tous les projets qu’ils exécutent dans chaque commune ou province.

Ces décisions ont été critiquées par des représentants des ONGs sur place à Rumonge. Certaines ont indiqué qu’il s’agit d’une pratique de corruption qui vient d’être légalisée.

Elles affirment que certains gouverneurs se permettaient d’exiger de l’argent sans aucune justification aux responsables des projets. D’autres réclamaient d’importantes quantités de carburant bien que ce carburant une fois donné, finissait au marché noir.

Les partenaires technique et financier affirment que cette manière aura de lourdes conséquences sur la mise en œuvre des projets de développement dans la mesure où aucun bailleur ne peut prévoir de financer les descentes sur terrain des autorités.

Ils estiment qu’il est aberrant de financer un projet de développement et son bénéficiaire.

A noter que quatre axes d’intervention ont été déterminés lors de la réunion du premier ministre avec les chefs de provinces ce 17 octobre.

Les secteurs de la santé, de l’eau et l’assainissement, de l’agriculture, de l’élevage et de l’ environnement ainsi que ceux de l’éducation et de la culture,de la bonne gouvernance et des droits de l’homme ont été déterminés.

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