Burundi : des établissements à régime d’internat ne sont plus capables de nourrir convenablement les élèves

Burundi : des établissements à régime d’internat ne sont plus capables de nourrir convenablement les élèves

Une somme de 800 francs burundais par jour et par élève était irrégulièrement fournie par le gouvernement. Après négociation il a ajouté 100 francs burundais. « Une somme insuffisante », clament des directeurs d’écoles des provinces du nord-est du Burundi à savoir les provinces de Kayanza, Ngozi, Kirundo et Muyinga. Ils disent qu’ils ne sont plus crédibles face aux commerçants qui leur avançaient des vivres à crédit. (SOS Médias Burundi)

Certains responsables des établissements secondaires à régime d’internat dans les provinces du nord-est du Burundi : Kayanza , Ngozi, Muyinga et Kirundo signalent qu’ils se retrouvent dans l’incapacité de nourrir les élèves suite à la flambée des prix des denrées alimentaires sur le marché.

Ces responsables qui ont voulu garder l’anonymat précisent qu’ils ont à maintes reprises montré au ministre de tutelle que les subsides de l’Etat sont insignifiants, en vain.

La réponse a été toujours « celui qui n’en est pas capable qu’il le signale à temps. On va chercher son remplaçant. Ceux qui ont besoin de ce poste sont nombreux » , selon un directeur dont l’établissement compte plus de 600 élèves.

« Les prix sur le marché sont exorbitants. Un kg de haricot qui coûtait entre 900 et 1100 francs il y a quelques mois, s’achète actuellement à 1700. Le prix d’un kilogramme de riz est monté entre 1800 à 2500 francs burundais. Le kilogramme de farine de maïs qui coûtait entre 1200 et 1500 se vend actuellement à 2000, voire 2200 francs. Un kilogramme de farine de manioc qui coûtait entre 900 et 1000 s’achète maintenant à 1600 francs burundais », se désole un directeur d’école.

Des responsables des établissements à régime d’internat disent qu’ils ont été en négociation avec le gouvernement pour majorer la ration. Ce dernier a seulement ajouté 100 francs burundais sur les 800 francs par tête et par jour.

« Une très petite somme. Nous sommes obligés de contracter toujours des dettes en nourriture auprès des fournisseurs. Mais ces derniers commencent à s’inquiéter. Nous ne sommes plus crédibles envers eux surtout que le paiement connaît toujours des retards et des irrégularités », a révélé un responsable d’école.

« Nous nous attendons à de grèves des élèves si rien ne change », craint-il.

Le gouvernement burundais via le ministère en charge de l’éducation a fixé le minerval à 45 mille francs burundais par trimestre.

« Une charge très lourde pour la plupart des parents », estime un père de famille.

Des responsables des écoles inventent des besoins des écoles pour les soumettre aux assemblées des parents afin de motiver leur intervention pour bénéficier de plus de frais de fonctionnement. « Ce qui semble très abusif pour la plupart ».

Les directeurs d’écoles demandent au gouvernement de prendre au sérieux cette question.

Un porte-parole du ministère en charge de l’enseignement n’était pas disponible pour répondre à nos questions.

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Photo : des élèves dans un réfectoire dans une école à régime d’internat au Burundi, crédit photo Jean Pierre Aimé Harerimana

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