Tanzanie : les autorités vont refouler d’anciens réfugiés burundais retournés en exil
Au total, ils sont au nombre de 1048 Burundais à être concernés par la mesure. Ce sont d’anciens réfugiés qui sont retournés en exil lors des deux dernières années après être rapatriés au Burundi. Les intéressés demandent au gouvernement tanzanien de revenir sur sa mesure indiquant que « les raisons qui nous ont poussés à fuir notre pays sont toujours d’actualité ». (SOS Médias Burundi)
C’est le directeur général de l’Office des migrations en région de Kigoma (nord-ouest de la Tanzanie) qui l’a annoncé le jeudi 3 novembre 2022. Remegius Pesambili s’était déplacé dans le camp de Nduta en Tanzanie. Ce camp et celui de Nyarugusu hébergent des réfugiés burundais et sont installés dans cette région.
Des centaines de réfugiés avaient été conviés à une réunion qu’il a tenue pour cette fin.
« 1048 Burundais sont entrés dans ce camp de Nduta en violation des règles en vigueur sur la demande d’asile. Nous citerons le fait de ne pas s’être dirigés d’abord à l’office en charge des migrations », a-t-il dit.
Pour M. Pesambili, ses services doivent vérifier et comprendre les raisons qui poussent ces Burundais à « toujours retourner en exil alors que leur pays a retrouvé la paix ».
Jusqu’à présent, les concernés ne reçoivent aucune assistance, n’ayant pas été reconnus et reçus par le service en charge des réfugiés au sein du ministère ayant les affaires intérieures dans ses attributions.
Des membres du groupe menacé de refoulement ont indiqué que « les raisons qui nous ont poussés à fuir notre pays sont toujours d’actualité ».
La majorité sont des jeunes, enfants et femmes, a remarqué un reporter- SOS Médias Burundi.
« Les autorités tanzaniennes devraient nous écouter. Notre sécurité est toujours menacée au Burundi raison pour laquelle nous sommes retournées en exil », ont imploré des jeunes mamans.
En 2020, les autorités tanzaniennes avaient refoulé 1028 autres Burundais. C’était après une série d’attaques armées dans le camp et ses environs, des actes imputés à des réfugiés burundais.
La Tanzanie abrite encore près de 127 mille réfugiés burundais. Depuis le début du programme de rapatriement volontaire en 2017, des réfugiés et organisations de défense des droits humains reprochent au gouvernement tanzanien d’avoir pris des mesures très drastiques pour contraindre les réfugiés « au retour forcé » et obligé des organisations humanitaires à les appliquer pour la même fin.
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Photo : des réfugiés burundais en train d’écouter le directeur général de l’Office des migrations en région de Kigoma, le 3 novembre 2022 à Nduta
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