Cibitoke : le cachot du commissariat détient 110 prévenus dans un espace prévu pour 20 personnes

Cibitoke : le cachot du commissariat détient 110 prévenus dans un espace prévu pour 20 personnes

Des défenseurs locaux de droits humains a Cibitoke (nord-ouest du Burundi) alertent que plusieurs personnes sont entassées au commissariat de la police dans des conditions inhumaines. En plus du surnombre, les prévenus sont rackettés par des policiers qui exigent de l’argent pour permettre à leur famille de les voir. Des sources proches du parquet expliquent la situation par un manque de moyens logistiques pour désengorger le cachot. (SOS Médias Burundi)

Selon des témoins, les prévenus ne parviennent plus à dormir, l’espace étant tellement exigu.

« Ils sont au nombre de 110 détenus dans un cachot qui a la capacité d’accueil de 20 personnes. Ils ne peuvent pas dormir, ils passent la nuit assis les uns sur les autres. C’est vraiment inhumain ce qu’ils vivent », rapportent des témoins ayant parlé avec des détenus.

De la corruption

En plus des conditions précaires, les détenus se voient exiger de payer de l’argent aux policiers qui gardent le cachot. C’est pour avoir le droit de pouvoir parler avec des membres de leur famille qui viennent les visiter.

« Un montant de mille francs burundais doit être versé par personne », disent nos sources.

Des défenseurs locaux des droits humains déplorent les conditions inhumaines dans lesquelles les occupants de ce cachot sont détenus.

« En plus de cela, il y a 14 mineurs qui partagent un même local avec des adultes », se désolent-ils.

« C’est incompréhensible! Nous demandons à l’autorité judiciaire provinciale de décanter la situation. Comment par exemple des personnes arrêtées pour de petits délits sont gardées pendant plus d’un mois sans être interrogées- ce sans dossier? », s’interrogent-ils.

Une source policière avoue qu’il y a un détenu qui vient de passer 5 mois sans comparaître devant un juge.

Des sources proches du parquet explique la situation par un manque de moyens logistiques dont des véhicules pour transférer les détenus dans des prisons d’autres provinces comme dans la ville commerciale Bujumbura. La province de Cibitoke ne dispose pas de prison.

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Le procureur de Cibitoke indique que la situation sera bientôt réglée.

En tournée dans différentes provinces du Burundi, la ministre en charge de la justice a récemment affirmé que « la surpopulation carcérale avoisine 200% ».

Domine Banyankimbona reproche aux juges et magistrats d’envoyer les gens en prison pour un rien, leur rappelant que « mettre les gens en détention est une exception », regrettant que « l’exception est devenu un principe au Burundi ».

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Photo d’illustration : un homme arrêté par la police burundaise ,crédit photo : Jean Pierre Aimé Harerimana

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