Burundi : une femme occupe le rôle d’ombudsman pour la première fois

Burundi : une femme occupe le rôle d’ombudsman pour la première fois

C’est Aimée Laurentine Kanyana. Cette ancienne ministre en charge de la justice a été approuvée ce jeudi par les deux chambres du parlement burundais. (SOS Médias Burundi)

Aimée Laurentine Kanyana était en compétition avec trois hommes. Elle a été approuvée à 109 voix sur 120 députés. Le sénat l’a agréée à 100%.

Madame Kanyana qui devient donc la première femme à occuper ce rôle est le troisième ombudsman burundais.

Les associations de femmes qui se sont confiées à SOS Médias Burundi y compris celles créées en exil ont indiqué « lui souhaiter plein succès ». Le même souhait a été exprimé par l’ombudsman sortant Édouard Nduwimana qui a pris Twitter pour l’exprimer.

En province de Cibitoke au nord-ouest, des habitants espèrent que la nouvelle médiatrice du Burundi sera à leur écoute.

« L’institution d’ombudsman ne nous aide en rien. Par exemple nous qui avons perdu nos parents lors de la crise de 1965, nous n’avons jamais été rétablis dans nos droits. Nos biens ne nous ont jamais été restitués. Quand on va réclamer, on nous traite de criminels », s’est plaint un habitant de Rugombo.

Pour cet autre habitant de Cibitoke, »les cachots sont remplis de gens innocents, l’institution d’ombudsman ne fait pas son travail correctement ».

Dans la capitale politique Gitega, plusieurs femmes se sont réjouies.

« La femme est naturellement médiatrice. Nous pensons qu’elle va bien remplir son rôle », a estimé une femme rencontrée non loin du sénat burundais.

« Nous espérons qu’elle va mettre en avant le dialogue entre les gens. Mais aussi nous voulons qu’elle soit notre porte-flambeau dans le domaine du droit de succession », ont souhaité plusieurs femmes interrogées dans les rues de Gitega.

L’institution d’ombudsman est parmi les organes prévus par l’accord d’Arusha de 2000 qui a mis fin à une décennie de guerre civile. L’ombudsman est élu pour un mandat de six ans non renouvelable.

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Photo d’archives : Aimée Laurentine Kanyana dans son ancien bureau au ministère en charge de la justice dans une conférence de presse dans la ville commerciale Bujumbura

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