Musigati : les habitants craignent la famine

Musigati : les habitants craignent la famine

La peur d’une probable famine gagne de plus en plus les habitants de la commune de Musigati. Les prix des produits vivriers de première nécessité sont passés du simple au double, voire au triple. Les commerçants expliquent que la production locale est presque inexistante. (SOS Médias Burundi)

La pluie étant tardivement tombée, les récoltes ont été mauvaises.

« En pareille date, les haricots et le maïs tout frais étaient abondants mais le marché est vide maintenant », a constaté un acheteur à la recherche des haricots sur un marché en commune de Musigati.

Du simple, les prix de certains produits sont passés au triple, un kg de haricots coûte 3500 francs burundais.

« C’est la première fois qu’il est vendu à ce prix », se lamente un fonctionnaire qui avoue avoir du mal à joindre les deux bouts du mois.

D’autres produits vivriers qui , pourtant constituaient le symbole de la commune de Musigati sont rares et très chers. C’est le cas de la banane plantain. Un régime s’achète à 15 mille francs.

Les bananeraies sont infestées de bactéries, le flétrissement bactérien, selon les agronomes.

La politique de cultiver le riz dans les marais soutenue par les projets- FIDA (Fonds international de développement agricole) , jusque dans les localités où cette culture était absente n’a pas freiné l’envol du prix du riz. Un kg coûte 3600 francs sur les marchés à Bubanza. À Musigati il est à 4000.

« Nous allons souffrir des maladies liées au manque de nourriture », se plaint un sexagénaire rencontré à Kivyuka dans cette commune. Pour une famille de 6 enfants et c’est la moyenne à Bubanza, il faut 5000 francs burundais pour un repas.

Or par jour, un ouvrier gagne à peine entre 2500 francs burundais et 3000 à Bubanza.

« Nous avons des enfants qui vont recevoir des suppléments à l’hôpital communal de Musigati, ce sont des plumpy nut pour les mal-nourris. Il faut les multiplier », plaide une mère rencontrée à Kivyuka.

Elle se débat dans la vente des pommes de terre achetées à des commerçants qui les amènent de Kayanza (nord du Burundi).

Une élue de cette commune n’a pas mâché les mots.

« Il n’y aura pas de production cette saison culturale A. C’est à cause de l’arrivée tardive de la pluie, de la grêle et du manque d’engrais chimiques ».

Et d’ajouter « le sol accidenté des contreforts de Bubanza n’est plus productif ».

« Nous avons élu le CNDD-FDD dans notre commune alors le gouvernement devrait faire quelque chose, en supprimant les taxes sur les produits vivriers par exemple. Les commerçants n’auront plus de prétexte pour nous vendre trop cher », propose cette élue locale.

Selon le bureau chargé de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage à Bubanza, la montée de ces prix des produits vivriers est due au semis tardif entraîné par l’arrivée tardive des premières pluies. Le responsable provincial en charge de l’agriculture a espoir que la production sera bonne mais qu’elle sera d’avantage bonne pour la saison culturale B.

« La diminution des prix est relative à la bonne production et les gens devraient comprendre aussi que la population a fortement augmenté », explique le bureau.

___________________

Photo d’illustration : des cultivateurs appliquent le paillage dans un champ de tomates à Bubanza

Previous Gahuna : les FARDC et la FDNB ont arrêté cinq personnes dont deux Burundais
Next Mabayi : l'administrateur communal a licencié unilatéralement une cinquantaine de percepteurs de taxes

You might also like

Société

Makamba : la gouverneure à la poursuite des administratifs complices de sorciers à Nyanza-Lac

Certains administratifs locaux, des responscables du CNDD-FDD et des habitants, tous des hommes, de la commune Nyanza-Lac dans la province Makamba (sud du Burundi) ne passent plus la suit à

Société

Nyanza-lac : des habitants obligés de vendre leurs terres à des prix dérisoires à des dignitaires du CNDD-FDD

Depuis des mois, des habitants de la colline de Gasaba en commune de Nyanza-Lac (province de Makamba, sud du Burundi) vendent par force leur terre à des prix dérisoires. Des

Société

Cibitoke : manque criant d’eau au chef-lieu et à Buganda

Depuis deux mois, les habitants des chef-lieux de la commune de Buganda et de la province de Cibitoke (nord-ouest du Burundi) n’ont pas d’eau potable. Ils craignent la résurgence des