Photo de la semaine : les réfugiés burundais installés en Tanzanie plaident pour une année moins éprouvante

Photo de la semaine : les réfugiés burundais installés en Tanzanie plaident pour une année moins éprouvante

En 2022, les réfugiés burundais installés dans les camps de Nyarugusu et Nduta disent avoir éprouvé plusieurs difficultés et été victimes de plusieurs violations. Ils demandent au HCR, aux autorités tanzaniennes et à d’autres partenaires de veiller pour que cette année soit « moins sévère ». (SOS Médias Burundi)

Pour les réfugiés burundais abrités par la Tanzanie, « l’année 2022 a été très amère pour nous ».

« Nous avons eu des problèmes sécuritaires, certains parmi nous ont été tués, d’autres ont été enlevés et ne sont jamais réapparus, l’assistance alimentaire a été sensiblement diminuée, l’accès aux soins de santé nous a été très difficile […] », énumèrent des occupants des camps de réfugiés de Nyarugusu et Nduta se trouvant dans le nord-ouest de la Tanzanie.

Plusieurs réfugiés se souviennent de la destruction de leurs champs de cultures et de la destruction des stands et boutiques dans les marchés situés à l’intérieur des camps.

« Une façon de nous contraindre à rentrer au Burundi ».

Des leaders communautaires estiment que la situation s’est compliquée depuis avril quand les autorités tanzaniennes ont ordonné aux ONGs humanitaires de « diminuer l’aide accordée aux réfugiés burundais » pour les « inciter au rapatriement volontaire ».

« Les raisons qui nous ont poussés à fuir notre pays restent d’actualité. Le gouvernement tanzanien, le HCR et ses partenaires devraient nous assister convenablement en observant les conventions et lois régissant les réfugiés et demandeurs d’asile », plaident des représentants de réfugiés burundais qui se sont confiés à SOS Médias Burundi.

Le gouvernement burundais a envoyé des émissaires en Tanzanie pour convaincre les réfugiés de rentrer. Il estime qu’il y a « apaisement » dans le pays et que « tous les Burundais qui ne sont pas recherchés par la justice devaient retourner au pays afin de contribuer au développement de leur patrie ».

« Ils ne pourront jamais nous convaincre car nous suivons ce qui se passe dans notre pays. Et d’ailleurs nous sommes témoins des violations graves de droits humains et abus rapportés chaque jour au Burundi car il y a des réfugiés qui ont été enlevés par les renseignements burundais en collaboration avec les services tanzaniens. Certains ne sont jamais réapparus. D’autres se sont retrouvés dans des prisons au Burundi et n’ont pas encore été libérés même si les juges les ont acquittés après avoir manqué de preuves justifiant les accusations de participation à des groupes rebelles contre eux notamment », disent des réfugiés .

Jusqu’à présent, la Tanzanie reste le premier pays qui abrite beaucoup de réfugiés burundais. Elle loge plus de 145 mille Burundais, la majorité ayant fui en 2015 suite à une crise déclenchée par un autre mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza.

Le programme de rapatriement volontaire enclenché en 2017 se poursuit avec moins d’engouement chez les réfugiés.

Fin novembre dernier, les émissaires du gouvernement burundais dans les camps de réfugiés à Nduta et Nyarugusu ont annoncé que la petite nation de l’Afrique de l’est veut rapatrier plus de 70 mille réfugiés en 2023.

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