Bururi : les détenus souffrent du manque de vivres et d’hygiène dans la prison centrale
La prison de Bururi (sud du Burundi) connaît une rupture de stock en vivres depuis plusieurs semaines. Ce que déplorent les proches des détenus. Au sein de l’établissement, des sources pénitentiaires reconnaissent cette rupture de stock en vivres, ce qui affecte la vie des prisonniers. (SOS Médias Burundi)
Depuis plus d’une semaine, les stocks de cette prison sont vides. La direction générale des affaires pénitentiaires avait donné une petite quantité de haricot pour trois jours uniquement.
Les détenus sont obligés de se débrouiller, selon une source judiciaire qui a requis l’anonymat. Ainsi, les détenus issus des familles aisées ou ayant des proches au chef-lieu de la province de Bururi et ses environs sont approvisionnés en vivres par les leurs.
Ceux qui sont autorisés à sortir de la prison peuvent s’approvisionner au marché de Bururi ou dans les boutiques en denrées alimentaires dont ils ont besoin. À côté du manque de vivres, les autorités peinent à ramener l’ordre, le contrôle et l’hygiène à l’intérieur des dortoirs.
Les détenus éprouvent des difficultés à trouver une place pour dormir, ranger les effets personnels et aller aux toilettes à cause du surpeuplement de cette prison. Car en effet, la prison de Bururi héberge 448 détenus, soit près de 180% de sa capacité d’accueil qui est de 250 détenus.
« Cette situation compromet le droit au logement, à l’alimentation et le droit des détenus d’être incarcérés dans un endroit salubre », a déploré une organisation locale de défense des droits humains.
Il y a deux semaines, lors de la présentation de son rapport trimestriel, la Commission nationale indépendante des droits de l’homme CNIDH avait reconnu que le droit à l’alimentation des détenus n’est pas bien respecté dans la plupart des prisons. Cette commission a noté que la population carcérale dépasse de loin les limites des capacités d’accueil des maisons d’arrêt.
Le nombre de détenus au niveau national s’élève à plus de 13 mille détenus, alors que la capacité d’accueil des 11 maisons pénitentiaires du Burundi n’est que de 4194 places.
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Photo : une place publique au chef-lieu de la province de Bururi
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