Nyarugusu (Tanzanie) : interdiction de l’élevage dans le camp, une nouvelle mesure contraignante pour les réfugiés

Nyarugusu (Tanzanie) : interdiction de l’élevage dans le camp, une nouvelle mesure contraignante pour les réfugiés

L’administration du camp de Nyarugusu a interdit tout élevage. Tous les bovins et petits bétails doivent être vendus ou mis hors du camp. Les éleveurs grognent. (SOS Médias Burundi)

Au camp de Nyarugusu en Tanzanie, on y rencontre en grande partie l’élevage de porcs et de poules ainsi que des vaches.

L’administration du camp a donné un ultimatum : tous ces animaux domestiques doivent être mis hors du camp dans le cadre de la préservation de l’hygiène dans une semaine, a indiqué le représentant du gouvernement tanzanien. Cet ordre doit être mis en exécution, si non « des sanctions sévères pour les animaux domestiques et leurs propriétaires seront prises ».

Une mesure que les éleveurs trouvent injustifée

« Nous ne savons pas le péché que nous avons commis en tout cas. Ces poules me donnaient des œufs, soit pour les manger ou pour les vendre et elles ne causent aucun problème ni à moi ni à mes voisins, car elles ne sortent même pas. Alors, qu’est-ce que je vais en faire? Les manger ? Les vendre ? » s’interroge un réfugié burundais, propriétaire d’un poulailler.

D’autres ont commencé à prendre des mesures conséquentes.

« Les uns vendent à bas prix leurs troupeaux et les autres préfèrent les abattre pour vendre la viande. Au marché, la viande est moins chère, aujourd’hui je vais pour en manger », ironisent des réfugiés burundais qui demandent au gouvernement tanzanien de surseoir sur ces mesures draconiennes et intempestives.

Outre que ces troupeaux pouvaient aider à diversifier et enrichir l’alimentation des réfugiés, ils pouvaient aussi procurer du fumier pour l’agriculture, elle-même désormais bannie dans ce camp. Néanmoins, toutes ces mesures ne concernent que les zones occupées par les Burundais, alors que les Congolais, eux, ont toute la liberté d’entreprendre les activités génératrices de revenus de leur choix, une situation qui nourrit la mauvaise cohabitation entre les deux communautés, affirment des témoins humanitaires dans ce camp qui abrite plus de 120 000 réfugiés.

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Photo d’illustration : des réfugiés burundais dans une rencontre avec des officiels tanzaniens à Nyarugusu

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