Nduta (Tanzanie) : un SOS pour un enfant agonisant
L’administration du camp a refusé l’accès aux soins pour un enfant de moins de cinq ans qui nécessite des soins intensifs à l’extérieur du camp de Nduta en Tanzanie. L’ONG MSF (Médecins Sans Frontières) se retrouve en position de ne pas transférer l’enfant agonisant et fait appel à l’indulgence de l’administration qui a pourtant répondu que l’enfant doit rentrer se faire soigner chez lui au Burundi. (SOS Médias Burundi)
Le jeune garçon de quatre ans s’appelle Angélo Harerimana. Ses parents vivent au village 17 de la zone I, habitation numéro 93. Début juillet dernier, il s’est accidentellement cassé son bras gauche et nécessite des soins urgents et intensifs.
« Il avait été admis à l’hôpital du camp géré par Médecins Sans Frontières. Alors, les docteurs ont évalué sa situation et ont opté pour le transférer à l’hôpital de référence du district en tant que cas très urgent », expliquent ses parents.
Pour que ce transfert se finalise, il est préalable que l’administration du camp donne son accord d’autorisation, ce que le président du camp a catégoriquement refusé.
« La demande de MSF est restée sans issue pendant plus d’une semaine. Et quand on est allé réclamer l’autorisation, le président du camp a été clair : ‘il faut que vous rentriez chez vous pour que l’enfant reçoive des soins au pays natal’. Nous avons été surpris et très déçus », ajoutent-ils.
Et de préciser : « MSF a essayé d’insister, en vain. Alors, pour le moment notre fils est mourant. Il agonise tout le temps. La fracture ouverte et la blessure sont en train de pourrir. Toute la maison a une mauvaise odeur. Nous n’en pouvons plus. Nous sommes dépassés».
Cette famille burundaise indique que « rentrer au Burundi n’est pas un problème si c’est une décision prise en âme et conscience, mais pas par forcing ou contrainte ».
Les leaders locaux ont essayé de saisir d’autres agences humanitaires.
« Tous sont unanimes que l’enfant doit être secouru, mais ne peuvent rien sans l’autorisation de l’administration du camp», s’indignent-ils.
Ces réfugiés burundais parlent de « traitements inhumains » et de « violations graves des droits à la vie punissables par des instances judiciaires internationales ».
Ils alertent et mettent en garde l’actuel président du camp de Nduta que s’il arrivait quoi que ce soit au jeune garçon,« il en assumera l’entière responsabilité ».
Ce dernier est aussi cité dans plusieurs cas de violation des droits des réfugiés au grand camp de Nduta qui abrite plus de 76.000 réfugiés burundais.
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Photo d’illustration : deux jeunes garçons réfugiés burundais en Tanzanie
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