Kakuma (Kenya) : de violents affrontements opposant les réfugiés burundais et soudanais font plusieurs blessés
Une rixe a opposé des réfugiés burundais et soudanais dans le camp des réfugiés de Kakuma au Kenya. A l’origine du conflit, un groupe de réfugiés soudanais s’emparent des produits sur un stand d’un Burundais à Kalobeyei, un agrandissement du camp de Kakuma. Les autres réfugiés burundais viennent au secours de la victime. La bagarre s’installe et le bilan fait état de plusieurs blessés graves. Les leaders communautaires disent avoir peur des débordements et demandent un renfort des policiers. (SOS Médias Burundi)
Tout se passe la semaine dernière au village I de Kalobeyei, situé à une dizaine de km du camp de Kakuma, les deux sites étant gérés par le HCR.
« Ce sont des réfugiés soudanais qui ont posé les premiers actes de provocation comme ils le font toujours. Ils ont mangé par force des beignets et pris des cigarettes sur un stand d’un réfugié burundais. Et ils ont refusé de payer la facture », affirment des témoins.
Selon des témoins oculaires, le tenancier de la petite boutique a appelé au secours et ses compatriotes sont intervenus.
« On dirait que ces Burundais n’attendaient presque qu’un signal ou un prétexte pour en découdre avec ces Soudanais. La bagarre s’est installée, l’on compte des blessés des deux côtés dont sept réfugiés soudanais et un Burundais qui sont hospitalisés. N’eût été l’intervention des gardiens civils, le pire allait se produire », décrivent des témoins.
Une goutte d’eau qui a fait déborder le vase
« Les Soudanais, surtout ceux du sud, se comportent comme des guerriers. Ils sèment la terreur ici et font presque la loi. Tout le monde a peur d’eux. Ils avaient agressé des Burundais à plusieurs reprises ces derniers temps, volé des motos ou des vélos ou encore empêché les autres réfugiés de puiser de l’eau sur les robinets. Raison pour laquelle, personne n’a voulu secourir ces Soudanais qui se faisaient battre par des Burundais », affirme un leader communautaire qui craint des représailles ou des affrontements mortels entre communautés si rien n’est fait.
Risque de Vengeance
D’autres réfugiés disent que les Soudanais jurent de se venger.
« On a entendu que les Soudanais de Kalobeyei préparent le pire pour se venger, ils auraient appelé leurs compatriotes de Kakuma pour que le coup soit dur. Nous demandons à la police, à l’administration et au HCR de veiller à éviter ou limiter les dégâts », alertent des réfugiés.
Pour le moment, les deux communautés se regardent en chien de faïence au centre d’accueil de Kalobeyei.
« Pas de salutations ou d’entraide, ils évitent de se rencontrer sur le robinet public, les jeunes des deux côtés jurent d’appliquer la justice populaire car n’ayant pas confiance en la police qui a presque échoué à rétablir l’ordre. Nous en appelons aux autorités du camp d’assurer notre sécurité », soulignent des réfugiés burundais et congolais, ces derniers étant régulièrement aussi pris pour cible par les mêmes Soudanais.
Kakuma et Kalobeyei comptent plus de 200 mille réfugiés de plusieurs nationalités dont plus de 25 mille Burundais.
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Photo : une rue principale dans la région de Kakuma au nord-ouest du Kenya où sont installés le camp de réfugiés de Kakuma et son agrandissement de Kalobeyei
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