Nduta (Tanzanie) : au moins cinq enfants testés positifs au VIH/SIDA, une première depuis 2015
Au moins cinq enfants de moins de deux ans ont été testés positifs au VIH/SIDA dans le camp des réfugiés de Nduta en Tanzanie. Les réfugiés s’inquiètent et disent avoir peur que le nombre des enfants à qui les mères ont transmis le virus serait plus élevé. (SOS Médias Burundi)
L’affaire reste d’abord secrète. Puis, elle se répand comme une traînée de poudre. Elle inquiète les occupants de Nduta.
« Des femmes sont allées à l’hôpital pour des vaccinations ordinaires de leurs enfants chez MSF (Médecins Sans Frontières) et d’autres sont tombés malades pour nécessiter des prélèvements du sang. Les résultats ont montré qu’au moins cinq enfants sont séropositifs alors qu’ils ont moins de deux ans », a indiqué une source médicale.
D’autres sources médicales disent que c’est un fait nouveau depuis 2015.
« C’est la première fois depuis 2015 qu’on découvre de tels résultats. C’est vraiment désolant et même incompréhensible, de nos jours », déplorent-elles.
Les parents des enfants concernés parlent de négligence et dénoncent un mauvais service.
« Depuis 2015 quand le volet santé était géré par MSF, à chaque consultation prénatale, on devrait voir si la femme enceinte est porteuse du VIH/SIDA ou pas. Si tel est le cas, l’enfant était protégé avec un suivi régulier pour qu’il naisse sans aucune infection. Le suivi devrait continuer pour que l’enfant ne soit pas infecté à travers l’allaitement », expliquent des volontaires médicaux.
Les choses ont presque changé après que le volet santé ait été confié à la Croix-Rouge et IRC (International Rescue Committee) depuis fin 2022. Selon nos sources dans le camp, ces nouveaux gestionnaires du volet santé sont réputés pour un mauvais service.
« Ces tests pour les femmes enceintes ne sont plus réalisés ou sont mal faits car le personnel est estimé incompétent et mal payé avec un manque criant de matériel ou encore de médicaments », affirment des sources bien informées qui suggèrent une intervention rapide de la part du HCR, des humanitaires et du gouvernement tanzanien pour une bonne et effective protection des réfugiés.
Pour le moment, ces gamins qui sont testés positifs au VIH/SIDA ont été mis sous suivi assuré par MTI (Medical Team International) qui s’occupe des maladies chroniques.
Les réfugiés craignent une grande contamination dans le camp.
« Si on a trouvé cinq enfants séropositifs, cela signifie que tous les enfants nés des mères porteuses du VIH/SIDA sont infectés ici au camp ces derniers temps. C’est scandaleux. Nous redoutons des infections incontrôlées dans tout le camp », s’inquiètent des réfugiés qui jettent le tort au HCR qui a « sacrifié la santé de ceux qu’il devrait protéger en accordant la gestion sanitaire aux incompétents ».
Ils recommandent une campagne de test de masse pour éviter le pire.
Le camp de Nduta compte plus de 76.000 réfugiés burundais.
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Photo d’illustration : un enfant réfugié burudais en Tanzanie
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