Photo de la semaine : les militaires burundais déployés dans le cadre de l’EAC abandonnent leurs positions dans le Nord-Kivu
Des éléments de l’armée burundaise en mission dans la province du Nord-Kivu en République démocratique du Congo ont quitté les cités de Kitschanga et Mweso dans le territoire de Masisi. Ils se sont repliés mercredi dernier. La société civile locale confirme cette information et précise que des habitants continuent à fuir vers la chefferie voisine de Bahunde. Mais un porte-parole de l’armée burundaise au Congo nie ces informations. (SOS Médias Burundi)
Les troupes burundaises affectées à la mission conjointe des armées de la Communauté Est-Africaine avaient installé leur base à Kitschanga depuis que cette zone a été remise aux forces du bloc économique de l’Afrique de l’est par les rebelles du M23 , il y a plusieurs mois. La zone est située à 78 kilomètres de la ville de Goma, chef-lieu de province.
« Ces forces burundaises ont abandonné Kitschanga et Mweso après de violents combats qui ont débuté dans la matinée entre les éléments du M23 et les groupes armés locaux dans les zones de Burungu, Kilolirwe, Nturo et Kausa », a affirmé Duniya Ambroise, un des responsables de la société civile dans la région.
La direction du M23 a également confirmé le retrait des militaires burundais.
« Nous annonçons qu’en ce moment, le contingent burundais de l’EAC basé à Kitschanga vient d’incendier sa base militaire de Kitshanga et ses éléments prennent une destination inconnue autour de la localité de Kibarizo », a écrit sur son compte X, Bertrand Bisimwa, leader politique du M23 ce mercredi matin.
Réaction de la FDNB
Le capitaine Norbert Nsabimana, porte-parole des forces burundaises en RDC rejette toutes ces informations.
« Nos troupes n’ont pas quitté la base de Kitschanga car elles sont en très bonne position », a-t-il répondu à SOS Médias Burundi.
Ces violents combats ont occasionné le déplacement de nombreuses populations civiles de Kitschanga vers la chefferie voisine de Bahunde, à la frontière avec Bashali.
« Oui, les forces de l’EAC ont abndoné leurs positions ici a Kitschanga depuis tôt le matin », a témoigné une habitante.
« Nous avons peur du fait que les troupes qui étaient stationnées ici viennent de déserter notre localité », se sont inquiétés d’autres habitants qui se sont confiés à SOS Médias Burundi mercredi après-midi.
Les combats se poursuivent dans cette région entre les milices locales entretenues par les autorités congolaises et le M23 au moment où l’armée congolaise a récemment fait un deal de collaboration avec la Monusco (Mission de l’organisation des Nations-Unies en RDC) pour protéger notamment la ville de Goma et celle de Sake située à quelques 20 kilomètres à l’ouest du chef-lieu de province.
Cette opération conjointe baptisée « Springbok », est décriée par les groupes de pression et les mouvements citoyens qui exigent plutôt le départ de la très décriée mission onusienne et plaident pour un armement et une formation « conséquents » de l’armée congolaise qu’ils jugent « être capable de défendre l’intégrité du territoire national ».
Le M23 est une ancienne rébellion Tutsi qui a repris les armes fin 2021 reprochant au gouvernement congolais de n’avoir pas respecté ses engagements sur la réinsertion de ses combattants. Les autorités congolaises restent persuadées qu’elle bénéficie du soutien du Rwanda, ce que le gouvernement rwandais ne cesse de nier , chargeant de son côté les dirigeants congolais de collaborer avec les génocidaires rwandais FDLR en leur fournissant des uniformes, armes et munitions dans le but de « déstabiliser le territoire rwandais ».
Récemment, elle a accusé les militaires burundais de s’allier avec l’armée congolaise et les groupes armés locaux et étrangers dont les FDLR pour s’attaquer à des populations civiles innocentes, ce qu’un porte-parole de l’armée burundaise a démenti.
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Notre photo : des militaires burundais déployés dans le cadre de la force régionale de l’EAC arrivent à Mweso
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